BFM Lille

Lille: le ministère de la Culture dit non au classement d'une chapelle vouée à la démolition

La chapelle Saint-Joseph de Lille, édifiée à la fin du XIXe siècle

La chapelle Saint-Joseph de Lille, édifiée à la fin du XIXe siècle - Google Street View

Plusieurs personnalités dont Stéphane Bern s'étaient mobilisées pour empêcher sa démolition, en vain.

Le ministère de la Culture a officialisé samedi le rejet d'une demande de classement de la chapelle Saint-Joseph de Lille, datant du XIXème siècle, vouée à être démolie sur le site d'un futur campus.

"Après une étude approfondie du dossier et de nombreuses discussions avec le porteur de projet, le ministère de la Culture a estimé que les conditions d'une mise en instance de classement de la chapelle n'étaient pas réunies", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le Palais Rameau restauré

Édifiée à la fin du XIXe siècle dans le quartier Vauban, sur des plans d'Auguste Mourcou, cette chapelle, désacralisée et désaffectée, fait l'objet d'un permis de démolition délivré en 2019 par la municipalité pour la construction d'une partie du nouveau campus de l'école d'ingénieurs Junia (ex-Yncrea). Sur plusieurs sites, ce campus doit accueillir au total entre 5.000 et 8.000 étudiants.

Selon le ministère, "renoncer à la démolition de la chapelle impliquerait de devoir abandonner un projet important pour le développement de l'enseignement supérieur, qui représente un investissement de 120 millions d'euros". Autre argument: le projet de campus intègre par contre "la restauration intégrale du palais Rameau" (un bâtiment voisin de la chapelle construit par le même architecte, ndlr).

Une pétition lancée en opposition à sa démolition

L'un des opposants à la démolition, l'architecte Etienne Poncelet, inspecteur général honoraire des monuments historiques, regrette auprès de nos confrères de l'AFP que le ministère oppose la sauvegarde de la chapelle à la restauration du palais Rameau.

"Nous demandons qu'il y ait véritablement une synergie entre ces différents projets", a-t-il affirmé, soulignant qu'il n'était pas question d'"empêcher" l'aménagement du nouveau campus. "Il est intelligent de se projeter vers l'avenir en réutilisant le patrimoine", a-t-il relevé.

Par ailleurs, le ministère "dit que la chapelle est en mauvais état, ce qui est totalement faux", a-t-il objecté. Pour lui, "c'est un édifice en bon état, un exemple unique en terme architectural, avec un cloître suspendu, c'est un conservatoire de savoir-faire et un témoignage historique de la présence des Jésuites à Lille".

Ces derniers mois, plusieurs personnalités politiques ou du monde culturel se sont mobilisées contre la démolition de cette chapelle, dont Stéphane Bern. Une pétition lancée par Urgence Patrimoine a recueilli plus de 9.200 signatures.

H.G. avec AFP