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Centrale nucléaire de Gravelines: un tiers des riverains n'ont pas récupéré de pastilles d'iode

Alors qu'un exercice de prévention a lieu dans les alentours de la centrale pendant deux jours, de nombreux riverains ne sont toujours pas en possession de pastilles d'iodes empêchant les cancers de la thyroïde en cas d'accident nucléaire.

Depuis ce mardi et pendant deux jours, un exercice de sûreté nucléaire est organisé à la centrale nucléaire de Gravelines. Ce type d'exercice est réalisé tous les cinq ans afin de tester les réactions des acteurs concernés en cas d'éventuelle crise. Au programme, des simulations d'accident technique, un contrôle de contamination radioactive des équipes ou encore une mise à l'abri des personnes habitant dans un rayon de deux kilomètres. Ceux-ci pourront entendre la sirène d'alerte retentir ce mercredi matin.

De l’iode pour prévenir les cancers de la thyroïde

Dans un rayon de cinq kilomètres, les forces de l'ordre testeront aussi des points de blocage sans pour autant perturber la circulation. Cet exercice est censé permettre également de sensibiliser les habitants au risque d'accident nucléaire. Or, parmi les riverains, environ un tiers ne possèdent pas de pastilles d'iode, selon la sous-préfecture de Dunkerque. Ces comprimés, pris sur instruction du préfet, sont pourtant indispensables en cas d'accident nucléaire. Ils permettent d'éviter le développement de cancers de la thyroïde.

"Il faut toujours en avoir sous la main parce qu'il peut arriver quelque chose assez rapidement, assure un habitant de Coudekerque-Branche.

Au total, 200.000 personnes habitant dans 53 communes à moins de 20 kilomètres de la centrale de Gravelines, devraient posséder ces comprimés. Pourtant, c'est loin d'être le cas pour tout le monde, notamment dans la ville de Coudekerque-Branche, située en périphérie de Dunkerque.

"On ne les a pas gardés (...) parce que clairement, s'il se passe quelque chose, on n'a pas le temps de réagir, ça voudrait dire qu'on doit tout le temps avoir les pastilles d'iode sur nous", explique une habitante.

Rupture de stock dans certaines pharmacies

Selon le ministère de l'Intérieur, une campagne de prévention de distribution de pastilles d'iodes a débuté en février dernier. Sur toute la France, 600.000 foyers ont reçu une boîte de pastilles d'iode. D'autres comprimés ont également été mis à disposition dans les pharmacies pour être en capacité d'en fournir aux nouveaux arrivants ainsi qu'aux établissements. Pour la centrale de Gravelines, 107 pharmacies sont ainsi partenaires de cette opération.

En 2019, une première campagne avait permis de mettre à disposition dans ces officines des comprimés d'iode pour près de 2,2 millions de personnes. La nouvelle campagne de 2021 est censée s'adresser uniquement aux personnes qui ne sont pas allées chercher leurs comprimés dans les officines.

Avec l'annonce des exercices menés en ce moment à la centrale de Gravelines, plusieurs riverains ont donc fait la démarche pour récupérer leurs comprimés. Mais aujourd'hui, il est parfois difficile d'en trouver.

"Comme les comprimés d'iode ont été distribués par la poste en début d'année, nous, on n'en a pas du tout en stock, et le médicament est en rupture chez le grossiste", explique Ludmila Georges, pharmacienne à Coudekerque-Branche.

Les commandes sont donc pour le moment suspendues. Heureusement, d'autres pharmacies possèdent encore quelques boîtes. Il est possible de venir les retirer gratuitement en étant muni simplement d'un justificatif de domicile.

Florine Kurek avec Gauthier Hartmann