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Reconfinement: les dirigeants des TPE au bord de la crise de nerf

Pour les commerçants c'est "ouvrir ou mourir"

Pour les commerçants c'est "ouvrir ou mourir" - Pixabay

Mauvaise prise en compte de leur situation, trésorerie au plus bas, cacophonie gouvernementale, confusion, les très petites entreprises et les commerçants sont au bord de la révolte.

TPE, artisans, commerçants ne savent plus à quel Saint se vouer. Alors qu'il étaient 60% fin mai à avoir une opinion positive du gouvernement dans la perception de leur situation, une nouvelle étude du Syndicat des Indépendants (SDI) montre que 74% des chefs d'entreprises interrogés ont désormais une opinion négative.

Il faut dire qu'à la fermeture des commerces non-essentiels est venue se rajouter une certaine cacophonie au sein du gouvernement sur les perspectives de réouverture.

Le climat électrique, pour ne pas dire le vent de révolte qui règne sur le terrain, est parfaitement résumé dans cette enquête", commente Marc Sanchez, Secrétaire général du syndicat.

Un tiers des TPE interrogées envisage une cessation d'activité

Confusion toujours avec la segmentation des soutiens en fonction de secteurs d'activités listés, de secteurs géographiques et de périodes de temps. 40% à 60% ne savent pas s'ils appartiennent à une liste et si oui, laquelle. Ils ne sont que 29% à affirmer connaître les dispositifs de soutien.

Cette méconnsaissance est d'autant plus dommageable que 65% des TPE interrogées déplorent une situation de trésorerie difficile à catastrophique, ce qui conduit la moitié de ces dernières à envisager une cessation d'activité (33%) ou des licenciements (17%).

"Ces chefs d'entreprise ont pour seul objectif de pouvoir exercer à nouveau pour ne pas mourir. La date du 1er décembre annoncée par le Premier ministre ne doit pas être une hypothèse mais un point de sortie certain avec anticipation de nouveaux protocoles sanitaires si nécessaire. L'alternative, certaine, serait une vague de faillites et de licenciements bien plus haute qu'anticipée", peut-on lire.

Quant à la fameuse digitalisation prônée par le gouvernement (seul 1 commerce sur 3 a un site web marchand), le SDI rappelle que 25% des entreprises interrogées sont équipées mais que ce canal est très loin de permettre de compenser le chiffre d'affaires réalisé en direct.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business