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Privés de financement par la région Île-de-France, RATP et SNCF continueront de faire rouler leurs trains

La trésorerie de la RATP est suffisante pour assurer un fonctionnement normal en attendant qu'un compromis soit trouvé dans "un délai raisonnable", a commenté la régie parisienne de transport.

La trésorerie de la RATP est suffisante pour assurer un fonctionnement normal en attendant qu'un compromis soit trouvé dans "un délai raisonnable", a commenté la régie parisienne de transport. - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Malgré la suspension provisoire du financement par l'Île-de-France, la RATP et la SNCF maintiendront un service normal de transport public, en attendant que le litige entre la région et l'État se règle.

Ile-de-France Mobilités (IDFM) ayant décidé de ne plus payer la RATP et la SNCF qui font circuler trains, métros, trams et bus dans la région jusqu'à ce que l'État compense les pertes de recettes dues à la crise du coronavirus, les deux transporteurs publics n'en continuent pas moins d'assurer le transport normal des voyageurs.

"La trésorerie de la RATP est suffisante"

"Malgré la suspension temporaire du versement par IDFM de sa contribution, la RATP maintiendra en juillet son offre de transport nominale, conformément aux dispositions de son contrat d'exploitation en vigueur", a assuré l'entreprise publique.

"Sa trésorerie est suffisante pour assurer un fonctionnement normal en attendant qu'un compromis soit trouvé dans un délai raisonnable", a-t-elle ajouté.

"Le débat entre la présidente de région et l'État, n'est pas le mien"

De son côté, la SNCF respectera ses obligations de service public puisque la région nous a confirmé qu'elle souhaitait que tous les trains circulent. Donc je peux vous dire que tous les trains circuleront", a pour sa part assuré le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou. "Ce service a un coût et il est normal que la SNCF, et j'espère le plus vite possible, puisse être compensée par rapport aux coûts qu'elle engage", a-t-il ajouté à des journalistes lors d'une visite à Strasbourg. "Ce débat qui s'installe entre la présidente de région et l'État, ce n'est pas mon débat", a-t-il noté.

Du côté de l'État, le ministre délégué des Transports Jean-Baptiste Djebbari a présenté la compensation de 425 millions d'euros comme "un acompte" pour "parer à l'urgence", mais conteste les sommes mises en avant par Mme Pécresse, estimant que le calcul ne prend pas en compte "les économies de coûts, l'effet TVA, et des gestes commerciaux".

"C'est plutôt autour de 1,7 ou 1,8 milliard, les chiffres sur lesquels nous arrivons", avait-il dit sur Public Sénat.

"Il n'est pas possible de nous renvoyer à des négociations à l'automne"

Pour Valérie Pécresse, il n'est "pas possible de nous renvoyer à des négociations à l'automne". "Nous devons faire des investissements avant l'été et, s'ils sont repoussés, c'est un handicap pour la reprise économique." Avec un budget de fonctionnement d'environ 10,5 milliards d'euros par an, l'Ile-de-France représente une grosse moitié du secteur des transports publics en France. La facture liée à l'épidémie de Covid-19 pour cette année est estimée à environ 4 milliards d'euros pour l'ensemble des autorités organisatrices chargées des transports publics en France.

F.B avec AFP