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Pourquoi la reprise de 2021 n'est pas encore remise en cause par le deuxième confinement

Ce confinement n'aura pas le même poids économique que le premier. Les dernières données montrent que l'activité est sur les starting-blocks en attendant un allégement des contraintes. Certains secteurs, notamment le tourisme, risquent néanmoins de rester dans les clous.

Avec ce deuxième confinement, la France est entrée dans une nouvelle ère d'incertitude économique. Si le PIB du pays devrait rebondir en 2021, le ralentissement actuel pourrait bien pénaliser la reprise. Pourtant, la France affiche des atouts. Quand certains secteurs (tourisme, transport…) sont dans une situation critique, les entreprises semblent encore optimistes, comme l'a démontré le bon rebond de l'économie après le premier confinement.

Un pic pré-confinement

La rentrée a été ainsi plutôt fructueuse, bien aidée par les aides de l'Etat dans certains secteurs. La période juste avant le confinement a même provoqué un pic des ventes. Invité sur BFM Business cette semaine, le président de Toyota France assurait ainsi que le mois d'octobre avait été le deuxième meilleur mois de l'histoire de la marque dans l'hexagone.

Avant même les annonces d'un reconfinement, les ventes en ligne de matériel informatique étaient aussi reparties à la hausse, selon les chiffres de Foxintelligence pour pratiquement revenir, en septembre et octobre, aux niveaux d'avant crise.

Index des ventes sur l'ensemble des plateformes e-commerce françaises des produits orientés télétravail : webcam, casques micro...
Index des ventes sur l'ensemble des plateformes e-commerce françaises des produits orientés télétravail : webcam, casques micro... © Foxintelligence

Sur les ordinateurs portables, Boulanger enregistrait d'ailleurs une hausse des ventes de +40% en septembre et +50% en octobre. Le mois d'octobre, avec les premières rumeurs sur le couvre-feu et sur le reconfinement, a été particulièrement intéressant pour les articles de télétravail, selon l'enseigne qui a enregistré, par exemple des ventes en augmentation des ventes d'écrans d'ordinateurs: +83 % pour les magasins et +160 % pour la vente en ligne.

Quelques jours avant la prise de parole d'Emmanuel Macron, comme pour les jours qui ont suivi, les grandes enseignes ont vu leurs ventes exploser pour le matériel informatique: +250% chez Fnac Darty pour la veille de l'annonce du reconfinement.

Et les Français ne sont pas contentés de matériel pour le télétravail. CDLK a aussi observé un pic dans les secteurs de la maison, jardin et animalerie, de la mode et de la beauté et bien-être, juste avant la fermeture des commerces. Même chose pour les jouets alors que la grande distribution avait envoyé ses premiers catalogues très tôt dans l'année.

Une chute attendue

Mécaniquement, l'activité a chuté dès le début de ce confinement souple. Skello, spécialiste de la gestion de planning du personnel et de données RH, a ainsi observé une baisse moyenne de 25% de l'activité de ses clients, principalement dans la restauration (-64%), le prêt-à-porter (-36%). A l'inverse, la grande distribution a vu son activité grimper de 12% depuis le début du confinement.

Mais cette chute est sans commune mesure avec la récession amorcée au printemps dernier notamment parce que les usines tournent encore, tout comme les chantiers. Restent que certains secteurs comme le tourisme ou le transport aérien sont encore au point mort. La Banque de France s'attend d'ailleurs à une chute de 12% du PIB en novembre.

Des raisons d'y croire

Alors faut-il être pessimiste pour l'avenir? Pour le moment, les indicateurs affichent encore une véritable résilience.

Les chiffres de l'apprentissage sont ainsi repartis à la hausse malgré la crise, bien aidés c'est vrai, par les aides publiques. "+3,5% de plus que l'année dernière avec des régions à +10% donc c'est une très bonne satisfaction, témoigne Joël Fourny, président de la chambre des métiers et de l'Artisanat sur BFM Business. Les artisans ont bien compris l'intérêt de continuer à former et la nécessité d'avoir des jeunes en sortie de crise".

Du côté des offres d'emploi, HelloWork, plateforme de recrutement, constate même une hausse du nombre des offres d'emplois par rapport à 2019: 620.000 offres en CDI, CDD et intérim diffusées sur les neuf premiers mois de l’année, soit 120.000 de plus qu’en 2019 à la même période.

En réalité, la résistance de l'activité française (en dehors des secteurs totalement sinistrés) dépendra de la durée du confinement. Si les commerces restent fermés encore deux semaines, ils pourront encore tenir le choc. Au-delà, cela pourrait se transformer en catastrophe, expliquait en substance sur BFM business jeudi le président de la CPME François Asselin. Le compte à rebours est lancé.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business