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Plusieurs kilomètres de bouchons pour une grande vente de déstockage de boissons en Bretagne

Les grossistes en difficulté

Les grossistes en difficulté - Atlantiques Boissons

Des centaines de clients se sont pressés ce vendredi devant l'entrepôt du grossiste breton Atlantic Boissons qui écoulait son stock de vins, spiritueux, bières et sodas. Pénalisé par la fermeture des bars, le secteur est en grande difficulté.

Aussi impressionnant que la réouverture de McDonald's durant le confinement. Ce vendredi matin un bouchon de plusieurs kilomètres s'est formé à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes en Bretagne. Et il ne s'agissait pas d'acheter un Best of Big Mac cette fois, mais des boissons.

La société Atlantic Boissons, un important grossiste de la région procède durant deux jours à un déstockage. Vins, spiritueux, bières, mais aussi sodas et jus de fruits sont écoulés à prix cassés par la société. Selon France Bleu, on y trouve des cartons de bouteilles de vin à 18 euros, des Magnum de champagne à 60 euros, des bouteilles d'alcool fort à 10,20 ou 30 euros.

Des produits encore consommables que la société sait qu'elle n'arrivera pas à écouler.

"Plusieurs boissons approchent de la date limite de consommation et je ne voulais pas gaspiller. Il n'y a pas de risque pour la santé des clients, le goût changera peut-être un peu", explique à France Bleu Jean-Jacques Barre, le gérant de cette entreprise de 150 salariés.

Avec la fermeture des bars et des restaurants, l'entreprise a en effet perdu 95% de son chiffre d'affaires. Et les perspectives de réouverture des établissements sont très lointaines. Probablement pas avant le printemps pour les restaurants et le mois de juin pour les bars.

Et ce type d'initiatives pourrait se reproduire dans les semaines à venir. L'ensemble du secteur des grossistes en boisson est en grande souffrance depuis plusieurs mois. La plupart des entreprises ont perdu plus de 90% de leur chiffre d'affaires. Et la gestion des stocks est le plus difficile pour elles.

"Les stocks sont une bombe à retardement", assure Jean-Pascal Montaner, le président de Distriboissons. Les alcools possèdent en effet une date de durabilité minimale" (DDM) au delà de laquelle les produits ne sont pas impropres à la consommation mais voient leur goût altéré. Ils ne seront donc plus vendables dans les établissements quand ils réouvriront.

Certaines sociétés sont contraintes de le jeter mais d'autres préfèrent organiser ces déstockages auprès des consommateurs finaux avec beaucoup de succès.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco