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Plusieurs grands ports français sont à l'arrêt, à l'appel de la CGT

Au port du Havre, aucun bateau ne rentrait ni ne sortait ce mardi 14 janvier mais les accès à la zone industrialo-portuaire n'étaient pas bloqués.

Au port du Havre, aucun bateau ne rentrait ni ne sortait ce mardi 14 janvier mais les accès à la zone industrialo-portuaire n'étaient pas bloqués. - Kenzo Tribouillard-AFP

Plusieurs grands ports maritimes français étaient bloqués ce mardi à l'appel de la CGT pour protester contre la réforme des retraites. Ces blocages déclenchent des protestations des professionnels du transport routier et de la logistique.

La fédération nationale CGT des Ports et Docks avait appelé hier lundi 13 janvier tous les travailleurs du secteur à un nouvel arrêt de travail de 72 heures à partir de ce mardi dans les ports français où les blocages se multiplient.

Au Havre, aucun bateau ne rentrait ni ne sortait mais les accès à la zone industrialo-portuaire n'étaient pas bloqués. Il est "impossible" de donner un taux de grévistes chez les dockers répartis dans plusieurs sociétés de manutention, a indiqué Haropa, le gestionnaire du port.

À Nantes-Saint-Nazaire, tous les terminaux étaient bloqués selon la fédération nationale CGT des Ports et Docks, puissant syndicat du secteur, confirmée par la direction. "Rien ne sort, rien ne rentre. Les bateaux ne peuvent pas être déchargés. Les dockers sont en grève à 100%", a déclaré Patrick Joly, secrétaire général adjoint du syndicat général des travailleurs portuaires CGT sur le site.

Les portes d'accès au port de Marseille sont bloquées

À Marseille, les portes d'accès au port étaient également bloquées, sauf une pour permettre aux croisiéristes de sortir, a indiqué Pascal Galéoté, responsable CGT. Les grévistes prévoyaient de fermer tous les accès sans exception dans l'après-midi. Les accès routiers étaient bloqués et ne permettaient pas aux camions d'accéder à la zone de fret, a confirmé la direction du Grand port de Marseille. En revanche, aucune perturbation n'était signalée sur le port de Fos-sur-Mer.

"Les opérations successives ports morts depuis six semaines ont ruiné tous les efforts de relance de la filière maritime", ont déploré dans un communiqué commun les fédérations de transporteurs TLF, TLF Overseas et FNTR, demandent expressément aux pouvoirs publics "le déblocage des ports" et "des mesures concrètes de soutien". "Les commissionnaires de transport ne peuvent pas supporter seuls l'impact économique de la grève", ont-elles déploré, ajoutant que les transporteurs routiers sont "durement touchés par le conflit", avec "des camions et des conducteurs immobilisés dans les ports faute de marchandises".

Pour le Groupement Havrais des Armateurs et Agents Maritimes (GHAAM), "c'est dramatique". "Il y avait très très longtemps qu'on n'avait pas eu autant de grèves. En décembre, on a eu 25% d'escales en moins à cause des grèves et là pour janvier on est sur une tendance de moins 40% d'escales en moins. C'est énorme", a affirmé sa présidente Véronique Lépine. "A un moment les clients vont privilégier les ports où ils sont sûrs de récupérer leurs marchandises et mettre leurs bateaux à Anvers", en dépit de la proximité du Havre avec Paris, ajoute-t-elle.

"Une forme de sabotage de l'économie portuaire"

"Le gouvernement ne peut pas rester inerte face à une forme de sabotage de l'économie portuaire en général et du transport routier en particulier", a renchéri l'OTRE (l'organisation des PME du transport routiers) qui dit avoir demandé une audience au Premier ministre.

Ce mardi 14 janvier, "il y a 100% de participation sur les sept grands ports maritimes et c'est quasiment 100% sur la quasi-totalité des autres ports où la CGT est présente" comme Calais, Cherbourg, Saint-Malo, Lorient, Bastia ou Ajaccio, a affirmé à l'AFP Tony Hautbois, secrétaire général de la fédération. L'opération "se poursuit demain (mercredi), après-demain (jeudi) et on décidera ensuite des modalités d'action pour la semaine prochaine", a-t-il ajouté.

Les arrêts de l'activité portuaire, intervenus à plusieurs reprises depuis début décembre, ont empêché nombre de marchandises d'entrer ou de sortir des ports et entraîné des problèmes d'approvisionnement dans plusieurs secteurs, selon ce responsable syndical

Les travailleurs des ports et des docks ne disposent pas de régime spécifique mais d'un accord de pénibilité lié à la convention collective de leur branche et qui leur permet de prendre leur retraite deux ou trois ans avant l'âge légal de départ.

Frédéric Bergé avec AFP