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Pénibilité, âge pivot… L'exécutif fait le point sur la réforme des retraites et appelle les syndicats au "compromis"

Dans un entretien accordé au Parisien ce dimanche, le secrétaire d'État aux retraites Laurent Pietraszewski affirme que la promesse d'universalité du futur régime sera "tenue" malgré les concessions accordées à plusieurs professions.

Le régime universel de retraites proposé par le gouvernement sera-t-il vraiment universel? Depuis quelques jours, l’opposition de droite dénonce un projet qui "n’a plus de réforme que le nom" au regard des nombreuses concessions accordées à plusieurs professions. Interrogé dans Le Parisien ce dimanche, à deux jours de la reprise des négociations avec les syndicats, le secrétaire d’État aux retraites Laurent Pietraszewski assure que "la promesse d’un régime universel sera tenue".

"Situations spécifiques"

Les aménagements négociés par les pilotes, les routiers, les marins ou encore les danseurs de l’Opéra sont des cas "extrêmement limités", se défend le monsieur Retraites du gouvernement. "On a toujours expliqué qu’il pourrait y avoir, en fonction des activités, des âges de départ différents", rappelle-t-il, évoquant des "situations spécifiques, exceptionnelles, qu’il faut regarder".

"L’universalité de la pénibilité n’est pas remise en cause si on admet que mettre sa vie en danger pour défendre la Nation ou partir en mer 20 ans d’affilée, c’est différent des autres métiers", explique-t-il, faisant référence aux militaires et marins. Quant aux pilotes qui conserveront leur caisse complémentaire, il rappelle que ces derniers "ont accepté d’entrer dans le cadre universel, pas les avocats".

"Les pilotes ne font pas l’objet d’une exception, ils intègrent le régime universel. Ils vont y cotiser comme les autres. Et ils auront des dispositions spécifiques qui prennent en compte la pénibilité, la pression de la sécurité… Bref, la réalité de leur métier, mais ce sont eux qui les financeront. Pas la collectivité", martèle-t-il.

Pas de retour en arrière sur la pénibilité

Si des concessions sont accordées à certaines professions, le gouvernement refuse de réintégrer les quatre critères de pénibilité supprimés en 2017: "Les critères du compte professionnel de prévention on va les garder, mais on ne va pas remettre des critères purement formels qui ne fonctionnaient pas", prévient Laurent Pietraszewski.

Quant à l’âge pivot fixé à 64 ans pour parvenir à l’équilibre du système, il estime qu’il constitue "un vrai progrès social en particulier pour les 25% de Français qui partent aujourd’hui au-delà de 64 ans". Mais sur ce point, le gouvernement reste ouvert. "Les partenaires sociaux, qui gouverneront le futur système, pourront faire des propositions. S’ils ont une autre idée, on prend!", déclare le secrétaire d’État.

"Le temps du compromis est venu"

De son côté, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire appelle les syndicats au compromis dans un entretien accordé au JDD. "Il y a un temps pour manifester son opposition et il y a un temps pour trouver un compromis. Ce temps est venu", observe-t-il.

Et de conclure: "Sur la pénibilité ou la valeur du point, le Premier ministre a répondu aux inquiétudes. La réforme que nous proposons est juste: elle bénéficiera aux travailleurs qui ont des carrières hachées, aux mères célibataires dès le premier enfant, aux agriculteurs, aux commerçants, aux artisans… J'appelle donc les représentants syndicaux à saisir la main tendue par le Premier ministre pour que les discussions qui débutent cette semaine soient conclusives".
Paul Louis