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Malgré la pression de Bruxelles, le budget italien "ne change pas"

Luigi Di Maio - Andreas SOLARO / AFP

Luigi Di Maio - Andreas SOLARO / AFP - -

Fin octobre, la Commission européenne avait rejeté le budget 2019 de l'Italie et donné trois semaines au gouvernement pour lui en présenter un nouveau. Ce mardi soir, Rome a rendu sa copie ... et ne compte pas céder aux pressions de Bruxelles.

Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, a annoncé mardi soir que le gouvernement maintenait son projet de budget 2019, pourtant rejeté par la Commission européenne.

"Le budget ne change pas, ni dans les bilans ni dans la prévision de croissance. Nous avons la conviction que ce budget est celui dont le pays a besoin pour redémarrer", a déclaré Luigi Di Maio à la presse à l'issue d'une réunion du conseil des ministres.

"Si cela convient à l'Europe tant mieux"

"Notre objectif est de maintenir le déficit à 2,4% du PIB, et nous nous engageons à le maintenir", a-t-il ajouté devant la presse à l'issue d'un conseil des ministres et d'une réunion avec son allié Matteo Salvini, patron de la Ligue, d'extrême droite, et le chef du gouvernement, Giuseppe Conte.

"Nous travaillons à un budget qui garantisse plus d'emplois, plus de droits à la retraite et moins d'impôts (...). Si cela convient à l'Europe tant mieux, si cela ne convient pas à l'Europe on continue quand même", avait assuré Matteo Salvini en arrivant à cette réunion.

Pour le gouvernement, le budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue et permettre ainsi de réduire le déficit public et la dette publique colossale du pays.

Mais pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, les autorités de Bruxelles ont rejeté le 23 octobre ce projet de budget italien. Soutenues par l'ensemble de la zone euro, elles restent sourdes aux arguments italiens, qui promettent un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020.

"Procédure pour déficit excessif" 

Selon la Commission, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l'an prochain et à 3,1% en 2020. D'autant qu'elle prévoit une croissance de 1,2%, alors que Rome table sur 1,5%.

Selon des médias italiens, le ministre de l'Economie, Giovanni Tria, doit adresser dans les prochaines heures un courrier à Bruxelles pour expliquer la décision du gouvernement, accompagné d'une présentation des réformes structurelles et du plan d'investissement prévus par le gouvernement.

En refusant de changer son budget, Rome s'expose à l'ouverture d'une "procédure pour déficit excessif", susceptible d'aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB (soit quelque 3,4 milliards d'euros).

Devant le Parlement européen à Strasbourg, la chancelière allemande, Angela Merkel, a répété que l'UE voulait "tendre la main" à l'Italie, pays fondateur de l'union. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a, lui aussi, multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à "un compromis".

Jeanne Bulant avec AFP