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Budget italien: les ministres des Finances de la zone euro se rangent derrière Bruxelles

Le ministre des Finances de l'Italie Giovanni Tria (gauche) et son homologue français Bruno Le Maire (droite), lors de la réunion de l'Eurogroupe lundi.

Le ministre des Finances de l'Italie Giovanni Tria (gauche) et son homologue français Bruno Le Maire (droite), lors de la réunion de l'Eurogroupe lundi. - Emmanuel Dunand - AFP

Réuni lundi, l'Eurogroupe s'est dit "d'accord" avec la Commission européenne qui a décidé fin octobre de rejeter le budget italien. Les ministres des Finances appellent Rome à coopérer avec Bruxelles pour présenter un nouveau projet de budget d'ici la semaine prochaine.

Rome n'a pas réussi à convaincre ses partenaires du bien-fondé de ses choix budgétaires. Les ministres des Finances des 19 pays de la zone euro étaient réunis lundi pour discuter de la décision de la Commission. Le 23 octobre, Bruxelles a rejeté le budget 2019 de l'Italie, une première. La réponse est sans appel: "Nous sommes d'accord avec l'évaluation de la Commission", ont-ils déclaré dans un communiqué.

"Nous avons hâte que l'Italie et la Commission engagent un dialogue ouvert et constructif et que l'Italie coopère étroitement avec la Commission à la préparation d'un budget révisé en ligne avec le Pacte de stabilité."

Le budget "ne changera pas"

"Le gouvernement italien doit saisir la main tendue", a lancé pour sa part le Français Bruno Le Maire. Son homologue allemand, Olaf Scholz, appelle le gouvernement italien à être "plus prudent" et juge que les propositions de la Commission sont "amicales".

Rome a jusqu'au 13 novembre pour proposer un nouveau projet, soit dans une semaine. Le ministre des Finances italien, Giovanni Tria, a déclaré après la réunion que le budget "ne changera pas mais nous en discutons" avec la Commission. Rome chercherait un compromis et devrait se prononcer dans les derniers instants, a indiqué une source officielle à l'agence Reuters avant la réunion de l'Eurogroupe.

Si les deux parties ne parviennent pas à s'entendre, la Commission devrait placer l'Italie sous la procédure pour déficit excessif. Rome risque une amende allant jusqu'à 0,2% de son PIB, soit 3,4 milliards d'euros (en prenant les chiffres de 2017).

Croissance en berne

La coalition prévoit un déficit de 2,4% pour 2019, soit en-dessous des 3%, mais bien en-deçà de 0,8%, chiffre sur lequel s'était engagé le précédent gouvernement. Surtout, la dette publique s'élève à 131% du PIB, soit la plus importante du continent après la Grèce. Bruxelles reproche à Rome de ne pas réduire suffisamment son déficit pour enclencher une véritable trajectoire de désendettement.

La coalition au pouvoir, composée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (anti-système), estime que la dette ne se réduira que si l'Italie renoue avec la croissance. Le déficit italien est sous la barre des 3% depuis 2012 et pourtant la dette stagne. Mais la Commission juge les prévisions de croissance du gouvernement trop optimistes. Selon le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, les mesures de relance envisagées vont accentuer le ralentissement de l'économie italienne, dont les derniers résultats trimestriels ne sont pas très encourageants.

Jean-Christophe Catalon