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Livret A: quelle rémunération à partir du 1er août?

Livret A

Livret A - Denis Charlet - AFP

Fixé à 0,5% depuis le 1er février, le taux de rémunération du Livret A peut être modifié par le gouvernement à partir du 1er août. Mais il y a fort à parier qu'il restera inchangé.

A un plus bas historique depuis six mois, la rémunération du Livret A va-t-elle être revue à la hausse? Fixé à 0,5% le 1er février dernier, le taux du placement préféré des Français peut, comme chaque année, être modifié par le gouvernement sur recommandation de la Banque de France le 1er août. Malheureusement, il est fort probable qu’il demeure inchangé le mois prochain, rapportent Les Echos.

La nouvelle formule de calcul adoptée en février prévoit en effet que le taux de rémunération du Livret A soit calculé à partir de la moyenne semestrielle du taux d’inflation et des taux interbancaires à court terme (Eonia). Or, l’inflation moyenne a péniblement atteint 0,5% en juin tandis que l’Eonia est pour sa part en territoire négatif à -0,464%.

Dans ces conditions, l’application de la formule de calcul aurait même pour incidence de faire baisser le taux de rémunération du Livret A. Ce qui serait particulièrement mal vu en période de crise économique. Fort heureusement, les règles prévoient que le taux ne puisse descendre en dessous de 0,5%. Tout porte donc à croire qu’il restera fixé à ce niveau le mois prochain.

Collecte nette record au 1er semestre

Malgré une faible rémunération, le Livret A garde la cote auprès des épargnants. Son succès s’est même confirmé lors du confinement au détriment de l’assurance vie qui, elle, a été boudée par les Français. En effet, la collecte nette du Livret A a battu un record en mars, avril et mai et juin.

Cumulée sur les six premiers mois de l’année, la collecte nette du Livret A a atteint 20,41 milliards d’euros (26 milliards avec le LDDS). C'est plus que 2018 et 2019 réunies. Il s’agit du meilleur premier semestre pour ce placement depuis 2009 avec une augmentation annuelle de 76%.

Cette forte propension à épargner pendant le confinement préoccupe d’ailleurs le gouvernement. "Ce n’est pas d’épargne dont nous avons besoin aujourd’hui pour notre économie, mais d’investissement", expliquait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire en avril.

La façon dont les Français utiliseront leur épargne dans les mois à venir jouera un rôle central dans la relance de l’économie. Et pour cause, la manne est considérable: entre le 11 mars et le 5 juillet, l’OFCE a estimé à 75 milliards d’euros l’épargne forcée pendant le confinement et celle accumulée durant la période qui a suivi le déconfinement.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco