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Les grèves en Métropole vident les rayons de produits frais en Martinique

Les répercussions du blocage des ports en France se font sentir dans les rayons des grandes surfaces à la Martinique.

Les répercussions du blocage des ports en France se font sentir dans les rayons des grandes surfaces à la Martinique. - Gabriel Bouys-AFP

L'approvisionnement en produits frais (desserts lactés, beurre, jambon) des magasins en Martinique est affecté par le mouvement de grève contre la réforme des retraites dans les ports français.

"Essayez de mettre la main sur du jambon, fromage râpée... Ce sera beaucoup plus difficile et avec nettement moins de choix qu'à l'accoutumée" constatait à l'orée du week-end dernier l'édition Martinique du journal local France Antilles. "La faute à la grève contre la réforme des retraites dans l'Hexagone. Les effets du mouvement commencent à se faire sentir, le blocage des ports pénalisant notre approvisionnement", ajoutait le média.

À la place des yaourts, desserts, jambons, beurres ou fromages, on trouve dans quasiment toutes les enseignes de l'île le même type d'affichette: "Chers clients, en raison de mouvements sociaux dans les ports hexagonaux, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer l'ensemble de vos produits habituels. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée".

Appel à une opération "ports morts" le 9 janvier

Cette raréfaction des produits frais dans les rayons des commerces martiniquais survient alors que la Fédération nationale des ports et docks CGT a appelé, jeudi 2 janvier, à une opération "ports morts" le 9 janvier pour protester contre le projet de réforme des retraites voulu par le gouvernement. Les ouvriers dockers ont déjà arrêté le travail les 5, 10, 12 et 17 décembre, dates qui correspondaient à des appels interprofessionnels nationaux.

Pour l'heure, les bateaux qui ont un planning de rotation précis, partent des ports de métropole, notamment Le Havre, avec des conteneurs à moitié pleins ce qui ne permet pas d'assurer le remplissage des rayons. "On est sur un cycle de commande hebdomadaire sur le frais. Aujourd'hui on a freiné voire stoppé les commandes en attendant un rétablissement de la situation", témoigne Laurent Bodec, directeur de magasin Hyper U de Fort-de-France.

Dans les rayons, seuls subsistent les produits fabriqués localement. Mais le marché local n'est pas capable de remplacer les milliers de tonnes (22.500 en 2014 selon un rapport de la Direction de l'Alimentation) de lait, produits laitiers, oeufs et miel importés chaque années par la grande distribution en Martinique.

Si la situation devait se rétablir demain, il faudrait 12 à 15 jours pour que les rayons soient de nouveau achalandés, précise une source locale proche du dossier. En attendant, si l'impact est immédiatement visible sur les produits à dates de péremption courtes, il pourrait aussi, dans quelques semaines se faire sentir dans les rayons de produits secs ou d'hygiène, importés eux aussi, mais dont les stocks sont pour l'heure suffisants.

Frédéric Bergé avec AFP