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Leclerc: déjà 4 milliards d'euros de revenus dans le "drive"

Leclerc dispose de 300 drives, un canal de distribution qui contribue pour 20 % de la croissance de son chiffre d'affaires

Leclerc dispose de 300 drives, un canal de distribution qui contribue pour 20 % de la croissance de son chiffre d'affaires - -

Le distributeur atteint son objectif quatre ans plus tôt que prévu car à l'accélération des changements d'habitudes chez les consommateurs.

La crise sanitaire est "un formidable accélérateur dans la digitalisation de la relation client" pour le groupe de grande distribution Leclerc, avec 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le drive en 2020, a estimé le patron du groupe mercredi sur LCI.

"On va arriver à la fin de l'année à un chiffre d'affaires de 4 milliards sur le drive, chiffre d'affaires qu'on comptait faire en 2024 dans notre prochaine rivalité avec Amazon", a affirmé le président du Comité stratégique de l'entreprise Michel-Edouard Leclerc.

Ce circuit de retrait de courses en voiture inventé en 2000 par Auchan, mais fortement développé par Leclerc au début des années 2010, a fait un bond inespéré avec la crise sanitaire. Plébiscité lors du premier confinement, le drive a un peu baissé avant de repartir de plus belle avec le reconfinement.

Le drive, qui ne représente qu'une part des ventes réalisées en ligne par le groupe, est en croissance de 40% selon Michel-Edouard Leclerc.

Accélération de l'ancrage du commerce en ligne

L'épidémie de Covid-19 et le confinement ont accéléré l'ancrage du commerce en ligne dans les habitudes de consommation, nécessitant une transformation des modèles économiques.

La crise est un drame, a ajouté le patron du géant de la distribution, mais c'est un formidable accélérateur dans la digitalisation de la relation client", poursuit Michel-Edouard Leclerc.

La fréquentation des supermarchés à quant à elle diminué. "Il y a beaucoup moins de gens qui viennent dans les magasins cette année par rapport à l'année dernière, a-t-il estimé. Simplement les paniers sont plus gros".

Plus globalement, sur les deux dernières semaines (données arrêtées au 8 novembre) l’e-commerce alimentaire dans son ensemble (essentiellement du drive) est en croissance de 61% par rapport à l’an passé.

Avec une hausse de chiffre d’affaires de 79% et des ventes atteignant près de 223 millions d'euros la dernière semaine d’octobre a même confirmé la place prise par ce circuit dans le paysage français, relève Nielsen. Avec le reconfinement, les courses en ligne sont repassées au dessus de 8% des achats totaux (8,7% précisément).

Depuis le début de l'année, le poids du e-commerce dans les achats alimentaires est ainsi de 7,8% en moyenne, soit un gain de 2 points par rapport à l'année précédente. En progression constante depuis plusieurs années, le drive et la livraison à domicile grappillaient en moyenne 0,4 point de part de marché. "Au vu des croissances des années précédentes, c’est 4 à 5 ans de parts de marché de gagnées pour le e-commerce en France", estime ainsi Nielsen.

Olivier Chicheportiche avec AFP