BFM Business

Pour Michel-Edouard Leclerc, Amazon "n'est pas un ennemi"

Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, était l'invité ce samedi de Ruth Elkrief, le rendez-vous.

Tous contre Amazon? Pour le patron des centres Leclerc, invité de Ruth Elkrief, le rendez-vous, "ce n'est jamais bien de désigner les autres comme bouc-émissaires". Alors que le commerce traverse une période chahutée, le géant américain endosse le rôle de coupable idéal. Amazon Le géant américain "a pris des longueurs d'avance" mais ce n'est pas un "ennemi", assure Michel-Edouard Leclerc, lui reprochant tout de même de "ne pas payer les mêmes impôts" que les enseignes françaises. "En tout cas, moi, je prends chez lui ce qu'il y a de meilleur" : le numérique.

"La crise a révélé la nécessité de s'adapter au digital, d'aller au plus vite vers l'économie multicanal. Il faut laisser au consommateur le choix d'aller en magasin, de passer dans un drive, dans un dépôt-relais ou de se faire livrer (…). Pendant la crise du coronavirus, nous avons accéléré de presque 50% sur le drive. On a réalisé un volume d'affaires en 2020 qui était celui qu'on imaginait en 2024 (…). Le digital n'est pas l'ennemi des commerçants. C'est un vecteur adulé par les consommateurs", estime Michel-Edouard Leclerc.

"Renouvellement des métiers"

Pas question, pour autant, d'aller vers des hypermarchés entièrement automatisés pour battre le géant américain sur son terrain. "Amazon, c'est aseptisé, c'est une logistique formidable, mais ce n'est pas encore une offre commerciale (…). Nos hypermarchés, c'est Amazon avec des gens dedans", avance le patron breton, qui assure qu'il y a "130.000 collaborateurs dans l'enseigne" et "autant de caissières ou de caissiers qu'il y a dix ans".

"La fonction de paiement va disparaître, mais pas la fonction d'accueil, l'expertise des personnes (…). Il y a un renouvellement des métiers", estime-t-il.

J. Br.