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Trafic d'oeuvres d'art: Bruxelles veut frapper Daesh au portefeuille

Les ministres des Finances de l’Union européenne discutent ce mardi à Bruxelles de la lutte contre le financement du terrorisme. Bercy veut en particulier faire adopter des mesures contre le trafic d’œuvres d’art, utilisé par Daesh.

Au même titre que le pétrole, le trafic d’œuvres d’art est devenu une source de revenus pour le groupe Etat islamique. Difficile d’évaluer à combien se chiffre ce butin pour l’organisation terroriste. Certains experts estiment que la vente d’œuvres d’art pourrait rapporter entre 20 et 30 millions de dollars par an. 

Mais contrairement au trafic de pétrole, notamment alimenté par des Syriens ou de riches irakiens, les œuvres d’art intéressent jusque dans les pays occidentaux. Cet été, le Guardian révélait que des antiquités volées en Syrie s’étaient retrouvées sur le marché londonien.

Pour lutter contre ce trafic né du pillage de sites antiques, comme la cité de Palmyre, Michel Sapin doit proposer mardi à Bruxelles de renforcer les contrôles des importations. Traditionnellement, l’exportation des biens culturels est très contrôlée, une œuvre d’art quitte difficilement le territoire français. La France voudrait faire de même à l'importation.

Une harmonisation européenne en matière de recel

Des consignes fermes ont été données aux douaniers français, après la décision de François Hollande de vouloir frapper le groupe Etat islamique au portefeuille.

"En ce moment même, l'organisation terroriste Daesh délivre des permis de fouille, prélève des taxes sur les biens qui vont ensuite alimenter le marché noir mondial, transitant par des ports francs qui sont des havres pour le recel et le blanchiment, y compris en Europe", déclarait le président français devant l’Unesco le 17 novembre dernier.
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Si la France a prévu de créer un "droit d’asile" pour les œuvres menacées, la lutte contre cette source de financement passe par une harmonisation européenne, notamment en matière de recel. En France, il est possible de dénoncer le recel d’une œuvre d’art volée ou pillée à tout moment, mais en Belgique par exemple le délit se prescrit 5 ans après la date du vol. Il suffit donc pour les trafiquants d’attendre la fin du délai avec de placer les œuvres sur le marché.

Caroline Morisseau édité par C.B