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Pavel Chinsky: "les sanctions occidentales donnent raison au nationalisme russe"

Pavel Chinsky était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 9 septembre.

Pavel Chinsky était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 9 septembre. - BFM Business

Le directeur général de la Chambre de commerce franco-russe a estimé que les sanctions occidentales contre la Russie étaient contre-productives, ce mardi 9 septembre sur BFM Business.

L'Europe a appliqué lundi un nouveau lot de sanctions envers la Russie, en raison de ses actions militaires en Ukraine. Bruxelles vise notamment directement les grands énergéticiens russes, comme Rosneft, ou Gazprom. De quoi faire plier le Kremlin? Plutôt l'inverse, à en croire Pavel Chinsky, le directeur général de la Chambre de commerce franco-russe, ce mardi sur BFM Business.

Dans un pays tiraillé entre archaïsme et modernité, repli sur soi et ouverture sur l'ouest, c'est le nationalisme russe "qui n'est pas un nationalisme sain, en terme économique, (qui) sort renforcé de ces sanctions puisqu'elles lui donnent raison", souligne-t-il. "Les pays occidentaux qui émettent une vague de sanctions coupent, de facto, la Russie de son arrimage à l'Occident".

Les pommes russes remplacent les Françaises 

Quant à l'efficacité de ces sanctions économiques, elle pose question selon lui. "Est-ce que depuis le 20 mars nous avons observé que ces sanctions avaient quelque efficacité que ce soit sur le processus de paix entre les séparatistes pro-russes et le pouvoir de Kiev? Pour l'instant nous avons constaté un phénomène d'union sacrée, avec un pays qui fait bloc derrière son président".

Pour Pavel Chinsky, les Russes sont loin de craindre des pénuries: "les pommes polonaises ou françaises ne sont pas des produits irremplaçables. Le Kremlin estime que c'est un moyen de redynamiser la production locale de pommes, parce que le secteur agroalimentaire a été l'une des grandes victimes des années 90, pendant la période Eltsinienne".

Les fournisseurs ont été remplacés

Il en est ainsi pour un certain nombre de ces sanctions, "elles ont été prises comme un prétexte pour revitaliser et moderniser l'économie. Comme en 1998 après la grande crise financière, quand la Russie sort de l'import-export et recommence à produire en local".

Et d'ailleurs "les entreprises françaises qui se sortent bien de ces contre-sanctions russes sont celles qui y ont localisé leur production". Pour les autres, "il va être extrêmement difficile de revenir sur ce marché à partir du moment où ces fournisseurs ont été remplacés".

Une touche d'optimisme quand même: pour le directeur général de la Chambre de commerce franco-russe, "la Russie ne peut pas se tourner vers la Chine pour la totalité de ses partenariats économiques. Il y a des savoir-faire, des technologies, des habitudes de travailler ensemble qu'on ne peut switcher du jour au lendemain".

N.G.