BFM Business

La Russie veut prouver qu'elle peut se passer des Etats-Unis et de l'Europe

La Russie veut, notamment, développer la production de Sukhoï Superjet.

La Russie veut, notamment, développer la production de Sukhoï Superjet. - Dmitri Astakhov

Moscou multiplie les annonces. Ce 8 septembre, la Russie a déclaré qu'elle allait construire un avion long-courrier avec la Chine et qu'elle fabriquerait lui-même un navire identique au Mistral.

La Russie veut prouver qu'elle n'a pas besoin des Etats-Unis ou de l'Europe. Ainsi, alors que le pays doit augmenter sa production d'avions à la suite des sanctions occidentales, Moscou vient d'annoncer, lundi 8 septembre, qu'il allait construire des long-courriers en partenariat avec la Chine.

Cité par l'agence de presse Ria, le Premier ministre Dmitri Medvedev a dit que la Russie "doit bien entendu poursuivre sur la voie de l'augmentation du nombre d'avions et d'équipements aéronautiques produits en Russie". Dmitri Rogozine, vice-Premier ministre russe, a précisé qu'un accord serait signé avec la Chine dès octobre. Il a ajouté que la Russie entendait multiplier par deux la production de Sukhoï Superjet - premier avion civil développé en Russie depuis la chute de l'URSS - à partir de 2015.

Contrat "ni suspendu ni rompu"

La Russie multiplie les annonces. Elle prévoit de construire ses propres navires de guerre identiques au Mistral, porte-hélicoptères français dont Paris a suspendu la livraison à Moscou, déclare le ministre russe de l'Industrie et du Commerce, Denis Mantourov.

Le premier des deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral, construits sur les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), devait être livré en octobre.

La présidence française a annoncé mercredi dernier que, en raison des "actions menées récemment par la Russie dans l'est de l'Ukraine", "les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC (n'étaient) pas à ce jour réunies".

François Hollande a précisé ensuite, au sommet de l'Otan, que le contrat n'était "ni suspendu, ni rompu" et déclaré qu'il prendrait une décision fin octobre, au regard de l'évolution de la situation sur le front ukrainien.

D. L. avec Reuters