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L'OCDE reconnaît avoir sous-estimé la crise entre 2007 et 2012

L'OCDE reconnaît notamment que l'accélération de la reprise mondiale entre 2010 et 2012 ne s'est pas concrétisée.

L'OCDE reconnaît notamment que l'accélération de la reprise mondiale entre 2010 et 2012 ne s'est pas concrétisée. - -

Dans une étude publiée mardi 11 février, l'organisation admet avoir commis des erreurs dans ses prévisions, surtout dans "les pays vulnérables de la zone euro". L'OCDE entend désormais donner plus de place aux données recueillies auprès des entreprises.

Quelques mois après le FMI, c'est au tour de l'OCDE de faire son mea culpa. L'Organisation de Coopération et de Développement Économiques a reconnu, dans une étude publiée mardi 11 février 2014, avoir sous-estimé l'ampleur de la crise économique entre 2007 et 2012.

L'OCDE a également donné des pistes pour améliorer ses prévisions à l'avenir dans un rapport qu'elle qualifie de "post mortem" sur la crise.

L'organisation, dont les prévisions de croissance sont parmi les plus suivies au monde, écrit par exemple que "lorsque la crise financière a éclaté, les prévisions ont été revues à la baisse de manière systématique et très rapide. Cependant, les taux de croissance effectifs ont tout de même été nettement inférieurs [à celles-ci, NDLR]".

Sur la période 2007-2012, la croissance dans les pays observés par l'OCDE s'est révélée en moyenne inférieure de 1,4 point de pourcentage à la prévision faite un an plus tôt.

Pas de reprise entre 2010 et 2012

"Les erreurs les plus importantes ont été commises pour les pays vulnérables de la zone euro", précise encore l'OCDE, qui compte aujourd'hui 34 pays membres. En 2010-2012 particulièrement, "l'accélération du rythme de la reprise mondiale maintes fois annoncée ne s'est finalement pas concrétisée".

L'Organisation reconnaît avoir particulièrement sous-estimé l'impact de la crise pour "les pays qui sont plus ouverts aux événements extérieurs et exposés aux chocs dus à d'autres économies", que ce soit à cause de leur grande dépendance au commerce extérieur, ou à l'importance des actifs bancaires détenus par des investisseurs étrangers.

S'appuyer sur les entreprises pour prévoir?

L'OCDE entend prendre plus de précautions pour entourer ses prévisions, en accordant "une importance grandissante à l'évaluation des risques". Elle souligne l'intérêt de s'appuyer davantage sur des "données empiriques recueillies dans le cadre de contacts extérieurs avec des entreprises", qui peuvent faire office de "signal précoce" pour l'évolution de l'activité.

L'Organisation de Coopération et de Développement Économiques n'est pas la seule à reconnaître que la crise financière a mis à mal son appareil de prévisions: c'est aussi le cas en France de l'INSEE.

Dès juin 2011, l'Institut national de la statistique et des études économiques avait fait état de "mécanismes inédits" à l'oeuvre pendant la crise de 2008, appelant "de nouvelles avancées de la connaissance économique".

M. K. avec AFP