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Ile-de-France Mobilités: Djebbari invite la région "à se mettre autour de la table"

Jean-Baptiste Djebarri

Jean-Baptiste Djebarri - ludovic MARIN / AFP

L'autorité des transports franciliens a décidé de ne plus payer la RATP et la SNCF tant que l'Etat n'a pas compensé ses pertes liées à la pandémie, qu'elle estime à 2,6 milliards.

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a invité vendredi la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse à "se mettre autour de la table" pour discuter des compensations apportées par l'Etat pour les transports franciliens.
Ile-de-France Mobilités (IDFM), dont Valérie Pécresse assure également la présidence, a décidé mercredi de ne plus payer la RATP et la SNCF qui font circuler trains, métros, trams et bus dans la région jusqu'à ce que l'Etat compense les pertes de recettes dues à la crise du coronavirus.

Dans l'immédiat, "les métros, les bus, les RER vont continuer à rouler en Ile-de-France, l'Etat y veillera. Chacun doit assurer sa responsabilité", a martelé Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, sur Cnews.

"Depuis le début de la crise (sanitaire), nous avons regardé les pertes - de fiscalité d'un côté, de recettes tarifaires de l'autre - (...) et nous avons déjà compensé toute une partie de la perte sur la fiscalité, un milliard (d'euros) pour l'ensemble des régions, dont la moitié pour l'Ile-de-France", a-t-il argumenté.

Une compensation de 425 millions de l'Etat

IDFM, l'autorité des transports franciliens, estime à 2,6 milliards les pertes de recettes en 2020: 1,6 milliard de recettes commerciales perdues en raison de la chute de la fréquentation et 1 milliard du versement mobilité (une taxe sur la masse salariale). De son côté, l'Etat a pour l'instant proposé de compenser seulement 425 millions d'euros.

"Nous avons fait en sorte que ces 425 millions (...) lui permettent, au coeur de l'été, en lien avec ses capacités de trésorerie, de payer la SNCF et la RATP", a observé Jean-Baptiste Djebbari vendredi. "Mme Pécresse, (...) que j'invite à nouveau à se mettre autour de la table, conteste les chiffres", a-t-il poursuivi.

"Nous avons une clause de revoyure à la rentrée et nous avons engagé des discussions avec les collectivités sur la compensation des recettes tarifaires. (...) Chacun doit assumer ses responsabilités de la façon la plus républicaine possible, et j'invite Mme Pécresse à venir échanger à nouveau dans cette dynamique", a insisté le ministre. Alors que la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé jeudi l'élaboration d'un "grand plan de relance pour le ferroviaire", Jean-Baptiste Djebbari a temporisé.

"Nous avons déjà commencé, avant même la crise, à mettre en oeuvre, à imaginer, la relance du fret ferroviaire", a-t-il fait valoir. "Nous allons relancer le train de nuit. Nous avons déjà relancé les petites lignes ferroviaires en signant un plan avec les régions Grand Est et Centre-Val-de-Loire pour plus d'un milliard d'euros".
C.C. avec AFP