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Unsa, CGT, CFE-CGC, CFDT... Quels syndicats mènent la danse à la RATP et à la SNCF?

La CGT est le premier syndicat à la SNCF

La CGT est le premier syndicat à la SNCF - Philippe LOPEZ / AFP

Depuis les élections professionnelles de novembre 2018, l'Unsa est le premier syndicat à la RATP, juste devant la CGT. À la SNCF, la confédération a réussi à conserver son leadership lors des dernières scrutins internes.

La grève contre la réforme des retraites a signé le retour en grâce des syndicats. En particulier à la SNCF où ils sont parvenus à mobiliser les troupes avec encore 77,3% de conducteurs déclarés grévistes lundi. De son côté, la RATP ne communique pas de taux de grévistes parmi ses 46.000 salariés mais l’interruption de nombreuses lignes depuis le 5 décembre sur le réseau francilien témoigne d’une mobilisation particulièrement soutenue.

L'Unsa en tête pour la première fois à la RATP

Certaines organisations pèsent néanmoins plus que d’autres au sein de ces deux grandes entreprises. Lors des dernières élections professionnelles de novembre 2018, l’Unsa-RATP est arrivé pour la première fois en première position en récoltant 30,19% des votes exprimés. Deuxième, la CGT a perdu son leadership pour seulement 16 voix (30,11% des votes). La CFE-CGC-RATP complète le podium (10,43%), devant SUD RATP (8,95%), FO RATP (6,86%), SAT RATP (6,47%), la CFDT RATP (3,68%) et Solidaires (3,27%).

Seules les organisations syndicales ayant obtenu au moins 10% des suffrages exprimés sont représentatives. Ainsi, la représentativité qui en découle, calculée base 100 est la suivante: UNSA (42,68%), CGT (42,57%), CFE-CGC (14,75%). Or, il se trouve que ces trois syndicats ont appelé à une "grève illimitée" contre le projet de réforme des retraites. Tout comme SUD RATP, FO RATP et Solidaires.

Par ailleurs, les syndicats réformistes Unsa et CFE-CGC détiennent désormais la majorité qui leur permet de signer des accords d’entreprise à la RATP. Car depuis le 1er mai 2018, un accord d’entreprise sur divers sujets (PSE, durée du travail, congés…) peut être validé s’il est signé par un ou plusieurs syndicats représentatifs ayant obtenu au moins 50% des suffrages exprimés en faveur des syndicats représentatifs. La CGT avait pour sa part déploré la faible mobilisation des salariés avec un taux de participation qui avait atteint 45,13% contre 65% en 2014 et qu’elle avait qualifié de "triste record".

La CGT toujours devant à la SNCF

Contrairement à la RATP, les élections professionnelles à la SNCF en novembre 2018 n’ont pas vraiment modifié la photographie des forces en présence, la CGT restant en tête avec 34,02%, devant l’Unsa-ferroviaire (23,96%), Sud-Rail (17,28%), la CFDT-Cheminots (14,30%), FO (7,63%), la CFE-CGC (2,78%) et la CFTC (0,03%). Le taux de participation avait atteint 66,70%.

Quatre syndicats sont donc représentatifs pour valider des accords d’entreprise à la SNCF : la CGT Cheminots (37,99% des voix des syndicats représentatifs), l’Unsa-ferroviaire (26,76%), Sud-Rail (19,29%) et la CFDT-Cheminots (15,96%). Les trois premiers ont appelé à une grève illimitée tandis que la CFDT-Cheminots avait elle aussi déposé un préavis tout en disant attendre des "engagements clairs".

Afin de faire passer son projet de réforme des retraites, le gouvernement espère d'ailleurs rallier à sa cause la CFDT et éventuellement l'Unsa en leur accordant des concessions. Pas sûr que cela suffise à calmer la colère. 

Taux de syndiqués inconnu

Il est difficile de mesurer le degré d'engagement des salariés à la RATP comme à la SNCF sachant que le taux de syndicalisation n'est jamais communiqué. Comme l’expliquait Check News, le chercheur Dominique Andolfatto, spécialiste du syndicalisme, avait estimé en 2013 le nombre de syndiqués à la SNCF entre 20 et 25%. Un chiffre qui aurait baissé depuis pour s’établir plutôt aux alentours de 20%.

Une étude de la Dares également parue en 2013 indiquait pour sa part que "18% des salariés des transports" toutes entreprises confondues "déclarent être membres d’une organisation syndicale". Ce qui est plus que le taux de syndicalisation de l’ensemble des salariés français estimé à 11%.

Bien que les statistiques manquent, on peut penser qu'au vu de la mobilisation des conducteurs à la SNCF (77,3% contre 58% chez les contrôleurs et 17% de grévistes au total), c'est probablement parmi ces derniers que l'on compte la plus forte proportion de syndiqués.

À la RATP, les conducteurs de métro ou de Transilien semblent également plus nombreux à être syndiqués que les chauffeurs de bus. "Les bus, c'est la porte d'entrée dans l'entreprise. Les jeunes machinistes sont moins imprégnés par la culture syndicale. En début de carrière, ils touchent environ 1500 euros net, c'est difficile pour eux de sacrifier un ou plusieurs jours de salaire", expliquait au Parisien Jean-Christophe Delprat, délégué SUD RATP. 

Paul Louis