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VTC contre taxis: le Conseil d'Etat va trancher dans la semaine

Les taxis parisiens accusent les voitures de tourisme avec chauffeur de leur faire une concurrence déloyale.

Les taxis parisiens accusent les voitures de tourisme avec chauffeur de leur faire une concurrence déloyale. - -

La plus haute juridiction administrative examine, ce 3 février, le recours déposé par des sociétés de voitures de tourisme avec chauffeur. Elles contestent un décret, adopté par le gouvernement pour apaiser les taxis, qui leur impose un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client.

Un nouvel épisode de la guerre entre les taxis parisiens et les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) se joue ce 3 février. Le Conseil d'Etat examine le recours en référé, déposé notamment par les services de chauffeurs Allocab et Transdev, contre un décret leur imposant depuis le 1er janvier un délai de 15 minutes entre la commande et la prise en charge d'un client.

A l'issue de l'audience, la plus haute juridiction administrative a indiqué qu'elle rendra sa décision dans la semaine sur la légalité du délai obligatoire imposé aux VTC.

Une mesure que le gouvernement a adopté pour calmer la grogne des taxis. Ceux-ci ne voient pas d'un bon œil le développement de ces nouveaux services de transport aux particuliers qui, selon eux, leur font une concurrence déloyale. Les taxis mettent notamment en avant la nécessité pour eux d'amortir le prix de leur licence (près de de 220.000 euros) alors que les voitures avec chauffeur n'ont pas cette contrainte. 

Les syndicats de taxis maintiennent la pression en organisant des grèves, la dernière en date remonte au 13 janvier. Et ils multiplient, eux aussi, les attaques contre leurs concurrents. Les taxis les accusent notamment d'embarquer des passagers à la volée dans la rue, alors que cela relève de leur monopole.

Un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliers d'euros

De leurs côtés, les VTC tentent de défendre leurs droits. Ce texte trahit "une méconnaissance totale des règles de la concurrence" a estimé l'avocat d'une des compagnies de VTC, Me Patrice Spinosi, conseil d'Allocab, à l'AFP. L'Autorité de la Concurrence avait dès le mois de décembre émis un avis négatif sur ce décret, mettant en avant des risques de "distorsions de concurrence".

En moyenne, il faut seulement 7 minutes pour qu'un chauffeur puisse répondre à la commande d'un client. Ce délai imposé par le décret entraînerait une perte d'une heure de travail sur une journée, estime Allocab. Elle perd aussi en flexibilité et en réactivité. Conséquence: certains clients se sont détournés de ses services. Au final, le manque à gagner s'établirait à plusieurs dizaines de milliers d'euros à l'année.

Pourtant le marché du transport de personnes est loin d'être saturé. A la mi-2013, on recensait dans l'Hexagone près de 5.300 entreprises de VTC exploitant plus de 9.800 véhicules. Le nombre de taxis dépasse les 50.000.

Mais la demande est bien supérieure à l'offre. "Il manque environ 30.000 voitures sur le bassin parisien. Il y a largement assez de clientèle pour satisfaire tout le monde", explique Benjamin Cardoso, le président de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR).

Coralie Cathelinais