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UberPop: les taxis réclament plus de 100 millions d’euros à Uber

Trois fédérations de taxis (FNAT, FNTI et FFTP), réclament chacune près de 35 millions d’euros de dommages et intérêts, soit un total de 102 millions.

Trois fédérations de taxis (FNAT, FNTI et FFTP), réclament chacune près de 35 millions d’euros de dommages et intérêts, soit un total de 102 millions. - Thomas Oliva - AFP

Les dirigeants France et Europe d’Uber seront à partir de ce jeudi sur le banc des accusés face à trois fédérations de taxis qui réclament plus de 100 millions d’euros de dommages et intérêts à la plateforme.

UberPop n’est plus, mais son passage en France laisse encore une traînée qui n’est pas près de se dissiper. Les 11 et 12 février, les dirigeants d’Uber France et Europe, respectivement Thibaud Simphal et Pierre-Dimitri Gore-Coty, seront à nouveau devant la 31e chambre correctionnelle de Paris. Ces responsables risquent des peines de prison et une amende de 1,5 million d’euros, mais la note pourrait être plus salée.

Les parties civiles, parmi lesquelles trois fédérations de taxis - la FNAT (Fédération nationale des artisans taxis), la FNTI (Fédération nationale des taxis indépendants) et la FFTP (Fédération française des taxis de province) - représentées par Maître Jonathan Bellaiche, réclament chacune 34 millions d’euros de dommages et intérêts, soit un total de 102 millions d'euros.

UberPop, un outil marketing pour fidéliser les clients

Depuis l’audience de septembre, les charges restent les mêmes. Uber est accusé d’avoir utilisé la plateforme déclarée illégale UberPop pour mettre en relation des clients avec des particuliers, qui ne sont ni des taxis, ni des VTC, ni même des capacitaires Loti.

Ils sont aussi poursuivis pour "pratiques commerciales trompeuses" pour des publicités radiophoniques qui incitaient les auditeurs à devenir membres du réseau UberPop.

Enfin, Uber devra aussi s’expliquer sur les données personnelles collectées et non déclarées à la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

Mais aussi, les fédérations veulent démontrer qu’UberPop était plus qu'un simple service. "Selon nous, c'était un outil marketing dont le but était de fidéliser le consommateur avec des tarifs plus qu'attractifs", nous a déclaré Maître Jonathan Bellaiche, représentant des parties civiles.

Difficile d’imaginer qu’un verdict sera rendu vendredi soir. Il faudra certainement de longs mois pour que le tribunal délibère sur ce dossier. Comme l'a déjà affirmé Travis Kalanick, fondateur et CEO d'Uber, le groupe compte utiliser toutes les voies de recours possibles.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco