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Transport aérien: vers une vaccination obligatoire des passagers?

Qantas Airways n'autorisera ses vols qu'aux passagers vaccinés.

Qantas Airways n'autorisera ses vols qu'aux passagers vaccinés. - CHRIS RATCLIFFE / AFP

La compagnie aérienne australienne Qantas a prévenu que ses vols internationaux ne seront ouverts qu'aux passagers vaccinés lorsqu'un tel traitement sera disponible pour le grand public. D'autres compagnies pourraient suivre son exemple.

Tous vaccinés pour prendre l'avion? La compagnie aérienne australienne Qantas se lance: "nous envisageons de changer nos conditions d'utilisation pour les voyageurs internationaux, pour leur dire que nous demanderons aux gens de se faire vacciner avant de pouvoir monter à bord de l'avion", a déclaré son PDG Alan Joyce à la chaîne de télévision Channel Nine.

"Pour les voyageurs internationaux arrivant en Australie et pour les gens qui quittent le pays, nous pensons que c'est une nécessité", a-t-il poursuivi, soulignant que son groupe étudiait aussi la possibilité de mettre en place cette obligation sur les vols intérieurs. Evidemment, la vaccination ne deviendra obligatoire qu'une fois un vaccin disponible pour le grand public.

Et selon Alan Joyce, la compagnie australienne devrait être rapidement rejointe sur ce sujet par les autres compagnies.

Qantas est le premier grand groupe aérien à annoncer cette vaccination obligatoire mais les instances internationales de l'aérien réfléchissent à une mise en place de carnets de vaccination, d'abord dans les pays peu touchés par le virus pour éviter une nouvelle épidémie. "Pouvoir disposer d'informations vérifiables sur l'état de santé des passagers, je pense que cela va être essentiel" a ainsi déclaré David Powell, conseiller médical de L'Association internationale du transport aérien (IATA).

Pour le moment, les compagnies du monde entier évitent de trop s'avancer sur la vaccination. Il faudra encore des mois avant que les campagnes de vaccination ne se généralisent, notamment en Europe ou aux Etats-Unis. Contacté par le Financial Times, EasyJet a d'ores et déjà indiqué qu'elle n'imposerait pas la vaccination sur ses vols.

Japan Airlines a également affirmé ne pas avoir le projet de demander aux voyageurs étrangers de se faire vacciner.

La priorité est donc de tester les passagers, à l'aide de tests antigéniques rapides bien que moins fiables que les tests PCR. C'est encore la position des trois alliances mondiales de compagnies aériennes (Oneworld, Star Alliance et SkyTeam) qui représentent 60% des passagers, même si elles évoquent désormais la mise en place d'un "passeport santé" qui centraliserait numériquement les données des passagers sur le Covid-19. Un tel passeport pourrait récapituler les tests réalisés et, évidemment, indiquer si le voyageur est vacciné.

Données sensibles

Un tel passeport est déjà testé plusieurs jours à l'aéroport de Heathrow à Londres. Le "CommonPass", développé par l'ONG suisse The Commons Project, soutenu par le Forum économique mondial, permettait ainsi de se passer des certificats de tests (puis de vaccination) en papier qui sont facilement falsifiables. Mais l'enjeu sera surtout de sécuriser ces données, forcément sensibles.

"Avec CommonPass, ces informations resteront sous contrôle de la personne concernée. La plate-forme vérifiera qu’un passager a été testé [ou vacciné], mais les informations ne seront ni stockées ni transmises à des tiers" indique au Telegraph le patron de The Commons Project Paul Meyer.

Des passeports numériques qui auront probablement vocation à se maintenir après la crise du Covid-19 pour prévenir d'autres épidémies potentielles. L'application pourrait aussi, à terme, remplacer le passeport papier. Ce qui permettra d'ailleurs d'éviter de confier son passeport, lors de l'enregistrement, à d'autres mains que les siennes…

Thomas Leroy Journaliste BFM Business