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TGV: la Cour des comptes dénonce le coût et l'incohérence des chantiers

La Cour des comptes juge le réseau ferroviaire grande vitesse français peu cohérent et trop coûteux.

La Cour des comptes juge le réseau ferroviaire grande vitesse français peu cohérent et trop coûteux. - SNCF

Un réseau inadapté, incohérent, pas assez rentable en raison d'une frénésie de construction de nouvelles lignes… Dans un rapport paru ce jeudi, la Cour des comptes s'en prend au TGV.

Un réseau TGV peu cohérent et trop coûteux. Comme le laissaient présager des fuites dans la presse, la Cour des comptes se paie la gestion du train à grande vitesse dans un rapport paru ce jeudi 23 octobre. Elle y dénonce notamment des prévisions de trafic surestimées, un usage de la grande vitesse pas toujours pertinent, la rentabilité insuffisante en raison de la construction "systématique" de lignes.

Les Sages de la rue Cambon estiment notamment que le "choix systématique de la grande vitesse ferroviaire a abouti à un système peu cohérent, où les rames de TGV desservent 230 destinations et passent 40% de leur temps en moyenne sur les lignes classiques, ce qui nécessite en outre un parc important de rames".

Le développement de la LGV peu pertinent

En somme, la Cour estime que les TGV devraient desservir moins de gares sur les lignes qui leur sont dédiées, et moins circuler sur les lignes classiques. Elle plaide également pour une réglementation plus souple sur les "modes de transport longues distances routiers", l'autocar notamment, qui permettrait de replacer le TGV comme un moyen de transport parmi d'autres.

Les auteurs du rapport mettent également en garde sur la pertinence du développement de la LGV. Ils notent que pour chaque nouveau projet, la fréquentation a été surestimée. Ils préconisent donc de "concentrer en priorité les moyens financiers sur l'entretien du réseau", et d'éviter de "financer des projets non rentables".

La fréquentation du TGV stagne

Quant au "financement des projets de LGV déjà décidés", il n'est "pas assuré", déplore la Cour. En cause, le "haut niveau d'endettement de Réseau Ferré de France (RFF) (qui) l'empêche de financer de nouvelles lignes par emprunt", auquel s'ajoute l'abandon de l'écotaxe, dont le produit devait revenir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf).

Sur la radio SNCF, le président du groupe Guillaume Pepy a indiqué que le coût de construction pour les lignes à grande vitesse atteignait "30 millions d'euros au kilomètre". "Les TGV aujourd'hui dégagent du bénéfice", a-t-il assuré, reconnaissant toutefois que la SNCF devra, "dans les 3 à 5 ans qui viennent, baisser les coûts de production du TGV pour pouvoir toujours baisser les prix".

Car la Cour des comptes le souligne, la fréquentation stagnante du TGV, associée à une rentabilité des lignes en baisse "au fil de nouveaux projets de plus en plus coûteux", ont fait passer sa marge opérationnelle "de 29% du chiffre d'affaires en 2008 à 12% en 2013".

N.G. avec AFP