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Comment la SNCF compte sauver le TGV

Le TGV peine à enrayer la chute de sa rentabilité.

Le TGV peine à enrayer la chute de sa rentabilité. - -

L'entreprise publique a présenté trois scénarios aux membres de son conseil d'administration, selon Les Echos de ce jeudi 24 juillet. Mais le financement du renouvellement des rames pose toujours un problème sérieux.

Le TGV est en perte de vitesse. Fleuron du ferroviaire français, celui qui a longtemps été une véritable vache à lait pour la SNCF voit sa rentabilité fondre comme neige au soleil. Ce qui a poussé l’entreprise à provisionner dans ses comptes une dépréciation de 1,4 milliard d’euros l’an dernier, et la direction à plancher sur différents scénarios pour résoudre le problème. Selon le quotidien Les Echos daté du 24 juillet, trois hypothèses ont ainsi été présentées aux membres du conseil d’administration.

La première se veut radicale: il s’agirait de réduire drastiquement (de 200 à 40) le nombre de destinations accessibles via le TGV. L’idée serait de conserver les lignes les plus rentables, les principales gares régionales jouant le rôle de correspondances. Mais le projet semble injouable politiquement, car il déclencherait la colère des élus locaux, désireux de ne pas perdre la gare TGV de leur secteur. Le gouvernement, lui aussi, pourrait se montrer frileux à l’idée d’endosser la responsabilité d’une réforme aussi impopulaire.

Un scénario idéal pour les usagers, mais trop cher

Le deuxième scénario à l’étude propose, à l’inverse, d’utiliser au maximum les rames de TGV, actuellement mobilisées seulement cinq heures par jour en moyenne. La multiplication des offres commerciales, ainsi qu’une baisse de prix de 10 à 20% complèterait un tableau idyllique pour les usagers comme pour les élus. Un détail, cependant, pourrait faire office de douche froide: pour financer ce scénario, la SNCF devra trouver 400 millions d’euros supplémentaires chaque année.

Finalement, c’est un troisième scénario - celui du cap défini en 2012 par l’entreprise- qui semble le plus réaliste. Il s’agirait d’ "optimiser le parc de rames, réaliser de gains de productivité, et tailler dans ses coûts d’exploitation", selon Les Echos. Le développement d’offres telles que Ouigo, le TGV à bas coûts de la SNCF, devrait ainsi être encouragé.

Le sujet est en tout cas vital pour l’entreprise publique, qui lutte pour retrouver des marges convenables et ainsi renouveler son parc grande vitesse.

Y. D.