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Safran "absolument pas" inquiet de l'arrêt de la production du 737 Max

Le moteur Leap produit par Safran et General Electric

Le moteur Leap produit par Safran et General Electric - AFP

Dans un entretien accordé à "l'Usine nouvelle", Philippe Petitcolin, le dg de l'équipementier annonce que la production des moteurs Leap sera réduite mais pas arrêtée.

Boeing s'est donc résolu à suspendre, à partir de janvier, la production de son avion vedette, le 737 MAX, faute d'avoir obtenu l'aval des autorités aériennes pour le faire revoler, après deux accidents mortels ayant fait 346 victimes en l'espace de quelques mois. Une décision qui a un impact sur le français Safran qui lui fournit les moteurs Leap.

Quelles seront les conséquences à court-moyen terme pour l'équipementier français? Dans un entretien accordé à "l'Usine nouvelle", Philippe Petitcolin, le dg de Safran se dit "absolument pas" inquiet pour l'avenir de l'entreprise.

Néanmoins, il souligne que le groupe va devoir s'adapter. "Nous allons avec notre partenaire General Electric effectuer une réduction très forte de notre production mais nous n’allons pas l’arrêter. Je souhaiterais si c’est possible garder un certain niveau de production. J’estime qu’il est plus facile de monter en cadences quand vous avez déjà une production que de partir de zéro. Si on s’arrête une semaine, cela ne porte pas à conséquence, mais quand on s’arrête deux mois ou plus, la courbe d’apprentissage est bien plus importante", indique-t-il.

Baisse de la production mais pas arrêt

Et de préciser: "Cette production devra être la plus faible possible, tout en maintenant l’intérêt d’avoir une ligne de production ouverte. Produire un ou deux moteurs par semaine n’aurait aucun sens. Je pense qu’il faudrait garder une cadence d’au minimum 15 avions par mois, soit 30 moteurs par mois (contre 42 avions par mois aujourd’hui, NDLR).

Cette baisse de la production provoquera-t-elle du chômage technique voire des suppressions de postes dans le site de Melun-Villaroche ? "Faut-il baisser le niveau d’intérim ? Quels transferts de personnel peut-on effectuer ? Faut-il mettre en place du chômage partiel ? A ce stade, il est encore trop tôt pour le dire. Tout cela doit être discuté et débattu avec les partenaires sociaux avant la fin de cette semaine", souligne le dg.

Quant aux conséquences financières pour Safran, Philippe Petitcolin reste assez évasif: "Tout dépendra de ce que l’on produira et de ce que nous devrons stocker. En réduisant les cadences comme nous envisageons de le faire, cela coûtera moins cher que d’en livrer 80 et quelques par mois qui ne sont pas payés. L’impact financier qui s’ajoute à ce qui a été dit jusqu’à maintenant par Safran sera plus au niveau de la rentabilité des moyens et des personnels que du cash, tel qu’on l’a vécu jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à présent, on a parlé du cash car ces moteurs étaient vendus, livrés, mais pas payés. Demain, on ne pourra pas les facturer à qui que ce soit, ils constitueront un stock. Ces stocks risquent d’amener des surcoûts. C’est à nous de pouvoir minimiser cet impact dès que possible".

OC