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Ryanair va inclure une "clause Brexit" dans ses billets

Ryanair veut instaurer la clause Brexit

Ryanair veut instaurer la clause Brexit - Alberto PIZZOLI / AFP

La compagnie low cost joue la carte de la prudence en permettant à ses clients d'annuler ses billets en cas d'absence d'accord sur la question de la réglementation aérienne après le Brexit prévu en 2019.

La compagnie aérienne Ryanair a annoncé ce mercredi qu'elle allait inclure une "clause Brexit" dans ses ventes de billets pour l'été 2019. Celle-ci permettra d'annuler son vol si la Grande-Bretagne sort de l'Union européenne, normalement fin mars 2019, sans accord sur la question de la réglementation aérienne.

Mais la compagnie low-cost s'est tout de même montrée moins inquiète pour les conditions de vol entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, estimant que les négociateurs devraient parvenir à trouver une solution même si cela prendra du temps.

"La période du Brexit va être plus étalée" et une solution permettant d'assurer la continuité des vols "va être trouvée même si cela prend plus de temps" que prévu, a jugé le directeur du marketing de Ryanair, Kenny Jacobs, lors d'une conférence de presse à Londres.

Après la décision des Britanniques de quitter l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, la compagnie irlandaise à bas coût s'était montrée alarmiste, évoquant un possible arrêt pur et simple des liaisons aériennes entre le Royaume-Uni et le reste de l'UE, aujourd'hui simplifiées en vertu de règles européennes qui s'appliquent aussi aux Britanniques.

Une nouvelle base?

"Le Royaume-Uni est le principal pays du réseau Ryanair, donc dans le pire des cas, si nous ne pouvions voler (entre l'UE et le Royaume-Uni, ndlr), nous chercherions à baser ailleurs dans l'UE nos avions actuellement stationnés au Royaume-Uni", a expliqué le responsable de la première compagnie européenne en nombre de passagers transportés.

Mais il a souligné qu'il ne s'agissait que d'une hypothèse théorique: "C'est improbable que ça se produise parce qu'il va y avoir une prolongation (du système actuel via une période de transition, ndlr), donc ce n'est pas en avril 2019 mais 24 ou 30 mois plus tard qu'on aura vraiment le Brexit", a précis Kenny Jacobs.

Le responsable de Ryanair a estimé qu'avec ce temps supplémentaire, les négociateurs britanniques et européens pourront s'entendre sur un nouveau système permettant des liaisons aériennes sans entrave.

La compagnie a présenté par ailleurs les nouvelles priorités de son programme d'amélioration de son service qui lui a permis d'élever nettement son nombre de passagers depuis quatre ans - jusqu'à 129 millions en 2017. Elle a notamment annoncé qu'elle prévoyait de supprimer tous les plastiques non-recyclables d'ici à cinq ans. Les couverts en plastique seront remplacés par des équivalents en bois et les clients boiront leur café dans des tasses bio-dégradables.

Reconnaissance des syndicats

Sortant d'une année agitée par une grogne de ses pilotes, Ryanair a entamé en fin d'année un processus de reconnaissance de syndicats, qui a abouti mardi avec la signature formelle d'un accord reconnaissant le syndicat de pilotes Balpa comme instance représentative au Royaume-Uni. Kenny Jacobs n'a toutefois pas souhaité s'étendre sur l'état des discussions avec les syndicats de pilotes d'autres pays, que ce soit en Allemagne où la première grève des pilotes de l'histoire de Ryanair a eu lieu juste avant Noël, en Italie, où un préavis de grève a été déposé pour le 10 février ou ailleurs.

Cette approche plus ouverte vis-à-vis des syndicats, avec lesquels la compagnie trentenaire avait toujours refusé de discuter jusqu'à présent, a ouvert de nouveaux horizons à Ryanair qui a annoncé mi-janvier qu'elle allait ouvrir quatre bases en France d'ici à 2019. "Nous sommes importants en France mais n'y avons pas d'avions stationnés, y baser des avions est une conséquence de notre reconnaissance des syndicats", a détaillé Kenny Jacobs.

Ryanair indique détenir 6% de parts de marché en France, contre 15% en Europe, et espère doubler son trafic dans l'hexagone. "Nous sommes opportunistes: le marché français était corseté, mais avec le nouveau président en France (...) il y a un nouveau régime, une nouvelle attitude plus ouverte vis-à-vis des entreprises", a-t-il ajouté.

P.L avec AFP