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Montebourg et Ghosn vantent ensemble la compétitivité française

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, avec Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Philippe Varin, directeur de PSA (de gauche à droite), à Bercy en 2012.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, avec Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Philippe Varin, directeur de PSA (de gauche à droite), à Bercy en 2012. - -

Arnaud Montebourg et Carlos Ghosn se retrouvent, ce mardi 28 mai, à Flins où Nissan va produire des petites voitures au terme d'un accord de compétitivité. Comme Renault, PSA va engager, dès mercredi, des négociations avec ses syndicats dans ce but.

Les anciens ennemis se serrent la main. Ce mardi matin 28 mai, le PDG de Renaul-Nissan, Carlos Ghosn, fait visiter l'usine de Flins, dans les Yvelines, au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Cette visite intervient dans le cadre de l’accord de compétitivité signé le 13 mars dernier, entre les syndicats et la direction de Renault.

En 2016, plus de 200.000 véhicules sortiront de Flins

L’usine de Flins, qui produit 120.000 véhicules par an, essentiellement des Clio IV et quelques Zoé, fait office de réussite. Fin avril, Nissan avait annoncé la production de 82.000 véhicules supplémentaires sur le site, à partir de 2016. "Une annonce historique" s’était alors félicité Arnaud Montebourg.

Un peu plus de deux mois après la signature de l'accord, les syndicalistes sont plutôt satisfaits. A la CFDT, on estime que le chantier de déploiement est conforme au cahier des charges. La production supplémentaire pour Flins est l'assurance de la pérennité du site et d'embauches supplémentaires.

Les syndicats espèrent d'autres annonces

Même satisfaction chez le secrétaire CFE-CGC du comité central d’entreprise, Bruno Mathiez, même si ce dernier précise qu'il ne faut pas s'arrêter là et espère d'autres annonces, concernant une production de Nissan à Sandouville, ou de Daimler à Maubeuge.

Bruno Mathiez souligne les sacrifices dus à la réorganisation du temps de travail, dont les discussions sont en cours au niveau local pour une application entre juillet et septembre. Pour l'instant, il le reconnaît, la direction respecte le principe du donnant-donnant. Selon lui, l'accord a été signé à temps et va permettre de sauvegarder un site, voire deux.

Suppressions de postes d'ici 2016, embauches ensuite

En revanche, la CGT, qui n'a pas signé l'accord, dénonce des objectifs incohérents: la production de plus véhicules à Flins, mais avec moins d’effectif. Interrogé par BFMBusiness, Fabien Gâche, délégué syndical central CGT chez Renault, a expliqué que "l’on arriverait à presque 200.000 véhicules produits, mais avec mille salariés en moins pour les fabriquer".

Renault a en effet prévu 7.500 suppressions de postes en France à l’horizon 2016. La CGT dénonce, à terme, "des conditions de travail insoutenables pour les salariés qui vont rester". Pourtant, parallèlement à l’annonce de la production de Nissan à Flins, Carlos Ghosn s’est engagé à faire des embauches.

PSA souhaite aussi un accord de compétitivité

Chez Renault, un observatoire de surveillance de l'application de l'accord devrait commencer à travailler courant juin. En attendant de voir l’impact de cet accord sur le long-terme, l’idée inspire les concurrents.

Mercredi 29 mai, un premier round de négociations sera, en effet, lancé chez PSA avec le même objectif: un accord sur l'amélioration de la productivité en France entre la production et les syndicats.

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Pauline Tattevin avec BFMbusiness.com