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Les entreprises de transport partent à la chasse aux resquilleurs

La lutte anti-fraude ne se limite pas aux opérations de contrôle sur le terrain.

La lutte anti-fraude ne se limite pas aux opérations de contrôle sur le terrain. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Bus, métro, tramway, train : aucun moyen de transport n'échappe aux passagers sans billet. Un manque à gagner qui s'élèverait à 500 millions d'euros par an. Keolis, filiale de la SNCF, a fait de la lutte anti-fraude sa priorité pour 2014.

"En temps de crise, être solidaire, c'est payer son billet" a déclaré Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis, filiale de la SNCF, au début du mois de mars, lors de la présentation de ses résultats. La lutte contre la fraude est devenue sa priorité numéro un pour cette année.

Car cela coûte cher à son entreprise : Keolis évalue le manque à gagner à 70 millions d'euros pour l'ensemble de ses réseaux français, soit 3 fois le résultat net du groupe en 2013.

Si l'on ajoute les pertes supportées par la SNCF, la RATP et les autres entreprises de transport urbain, les pertes s'élèvent à 500 millions d'euros par an selon des évaluations du Figaro de ce 26 mars. A ce chiffre doivent s'ajouter les dépenses destinées à monter des opérations anti-fraudeurs sur le terrain et les moyens déployés pour recouvrir les amendes. Mais le montant des pertes est stable d'une année sur l'autre.

Reste que les resquilleurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Selon les résultats d'une enquête réalisée pour Keolis, relayée par le quotidien, 55% des personnes interrogées ont reconnu qu'il leur arrivait de ne pas payer leur titre de transport. Pas forcément pour des raisons financières, mais plutôt pour des questions de confort : éviter de faire la queue aux guichets ou bien ne pas vouloir acheter de billet quand on a oublié son pass chez soi.

De la méthode douce à la méthode dure

Pour remettre ces fraudeurs occasionnels dans le droit chemin, Kéolis mise sur la méthode douce. "Nous tentons d'abord de ramener le plus de personnes à la régularisation. Nous proposons généralement aux personnes en infraction de voir leur amende convertie en une avance sur leur abonnement", détaille Jean-Pierre Farandou dans le quotidien.

La SNCF et la RATP misent aussi sur la prévention. Les deux entreprises organisent régulièrement des campagnes d’information auprès des usagers sur la falsification des titres de transport, les réductions non justifiées ou encore les incivilités, ce qui contribue à lutter également contre la fraude.

Mais comme cela ne suffit pas, des méthodes plus coercitives sont aussi à l'étude. La RATP souhaite par exemple que le montant des amendes soit relevé. L'Union des transport public (UTP) milite pour durcir l'arsenal judiciaire en faisant passer le seuil de déclenchement des poursuites de 10 contraventions par an à seulement 5.

C.C.