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La SNCF va discrètement augmenter les tarifs du TGV

Les tarifs de la première classe vont augmenter, et les conditions d'échange de billet de TGV se durcir.

Les tarifs de la première classe vont augmenter, et les conditions d'échange de billet de TGV se durcir. - Claude Truong-Ngoc – Wikimedia - CC

Comme l'a souligné la Cour des comptes, la rentabilité du TGV a chuté. Pour l'améliorer, la SNCF prépare des augmentations de tarifs ciblées et des aménagements qui, finalement, toucheraient tous les usagers.

Le TGV rapporte de moins en moins. Entre 2008 et 2013, la rentabilité de la grande vitesse est passée de 28% à moins de 12%, selon un rapport de la Cour des comptes. La SNCF compte bien inverser la tendance. Elle assure que l'amélioration de la rentabilité du TGV ne se fera pas sur le dos des voyageurs, que les prix resteront accessibles à tous. Tout est une question d'interprétation…

Certes, aucune hausse généralisée n'est prévue, mais la SNCF semble préparer des augmentations ciblées. Par exemple, la clientèle de première classe devrait être mise à contribution, avec une hausse de 8 euros de chaque billet. Cela permettrait de dégager 15 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire par an.

Suppression du wagon-restaurant

Le reste de la clientèle pourrait lui aussi mettre la main à la poche, mais de manière indirecte. Ainsi, les conditions d'échange des billets "loisirs", gratuit jusqu'à présent, pourraient être durcies. Il serait facturé 15 euros à moins d'une semaine du départ, et impossible la veille. Ces deux mesures permettraient d'économiser 25 millions d'euros par an.

Un dispositif concernerait tout le monde: la suppression des voitures bar pour tout trajet inférieur à trois heures, excepté sur la ligne Paris-Lyon. De quoi optimiser les rames et libérer plus de places à vendre, avec un gain espéré 12 millions d'euros par an.

L'ouverture à la concurrence dans le viseur

La SNCF ne commente pas ces informations. Officiellement, l'entreprise n'a pas de projet en vue. La compagnie ferroviaire reconnaît seulement travailler sur une multiplication des offres du type Ouigo, le TGV low cost.

Mais rien ne dit que cela permettra à la grande vitesse de redevenir une véritable planche à billet. Or l'amélioration de la rentabilité du TGV est vitale pour l'entreprise, pour financer le renouvellement de son parc, mais aussi être en position de force avec l'arrivée de la concurrence en 2019.

Mathieu Sevin