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La direction de la SNCF intraitable sur les retenues de salaires

La compagnie veut faire pression sur les syndicats sur la question du calcul des salaires des grévistes.

La tension entre les syndicats et la direction de la SNCF monte d'un cran. Alors que se profile une longue grève en pointillés (deux jours sur cinq pendant trois mois à partir du 3 avril), les deux parties ont engagé un bras de fer sur le calcul des montants à déduire des salaires.

La direction considère en effet que cette grève par épisodes constitue un seul et même mouvement. A l'inverse des syndicats, qui souhaitent déposer quelque 18 préavis. L'enjeu n'est pas négligeable: selon le calcul de la SNCF, les jours de repos feront également l'objet d'une ponction sur les salaires. D'après celui des cheminots, qui se basent sur la loi de 1983 sur les fonctionnaires, la retenue doit être égale à un trentième du salaire mensuel pour chaque jour de grève. Les jours de repos ne sont donc pas concernés.

La direction accusée de "mentir sur le droit de grève"

La CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, a ainsi accusé la direction de "mentir sur le droit de grève" pour "étouffer la contestation". "La direction est prête à se mettre dans l'illégalité afin de casser la grève", alors que "la mobilisation s'annonce extrêmement importante", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Cédric Robert, pour qui ces méthodes "démontrent sa fébrilité".

La question, qui illustre le bras de fer engagé par l'État et la direction avec les cheminots, pourrait désormais se régler devant les tribunaux.

Y.D.