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L'affaire des moteurs truqués rattrape Audi

La marque Audi est désormais pointée du doigt.

La marque Audi est désormais pointée du doigt. - Médiathèque Audi

Déjà épinglée dans le cadre du "dieselgate", Audi, la marque premium du groupe Volkswagen, aurait équipé ses véhicules haut de gamme d’un autre logiciel permettant de réduire les émissions de CO2 lors de contrôles antipollution.

Le "scandale Volkswagen" se poursuit et se propage à d'autres marques du groupe automobile allemand. Le quotidien allemand Bild explique que l’autorité californienne de protection de l’environnement, Carb, a découvert récemment un nouveau logiciel illégal, installé sous le capot de plusieurs véhicules issus de la marque premium Audi. 

Les modèles concernés seraient des routières et limousines Audi A6 et A8, ainsi que des SUV Q5 équipés d'un moteur V6, carburant à l'essence comme au diesel, et dotés de boîtes de vitesses automatiques. 

Le logiciel en question permettrait à ces véhicules produits par la firme d'Ingolstadt de détecter automatiquement, en fonction de l'inclinaison du volant, s'ils roulent sur route ouverte ou sur un banc d'essai à rouleaux lorsque des contrôles sont effectués sur les gaz d'échappement. Dans ce deuxième cas, le système réduirait alors artificiellement le niveau de dioxyde de carbone (CO2) émis par la voiture testée. 

Interrogé par l’AFP, un porte-parole d’Audi n’a pas souhaité commenter ces informations, renvoyant à des discussions en cours avec les autorités américaines.

La justice allemande soupçonne de nouvelles fraudes

Ces révélations du quotidien Bild interviennent alors que la justice allemande a étendu son enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen à l'actuel président du conseil de surveillance. 

"Le parquet de Brunswick a élargi son enquête sur des soupçons de manipulations de cours à Hans Dieter Pötsch", qui dirige l'organe de contrôle du groupe et est visé dans ce cas pour la période où il occupait le poste de directeur financier, indique Volkswagen dans un communiqué. 

La justice soupçonne le constructeur d'avoir informé trop tard, à dessein, les marchés financiers des conséquences et risques financiers liés à l'éclatement du scandale des logiciels implantés dans de nombreux modèles du groupe, permettant de fausser les mesures d'émissions polluantes. 

Jusqu'ici, l'enquête ouverte en juin visait seulement l'ancien patron du groupe, Martin Winterkorn, ainsi qu'un deuxième ancien responsable dont le nom n'a pas été dévoilé. 

A.M. avec AFP