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Goodyear Amiens: Titan veut une usine sans salarié

Maurice Taylor, le PDG de Titan, est un ultra-libéral anti Etat providence.

Maurice Taylor, le PDG de Titan, est un ultra-libéral anti Etat providence. - -

L'Américain serait prêt à reprendre l'usine Goodyear d'Amiens mais une fois que tous les employés seront licenciés, a déclaré son PDG, Maurice Taylor, dans une interview au Monde de ce vendredi 1er octobre.

Enième coup d'éclat de Maurice Taylor, le PDG du groupe américain de pneumatiques Titan. Dans une interview donnée au monde.fr, ce 1er novembre, le candidat à la reprise de l'usine Goodyear d'Amiens conditionne son offre à un accord entre la CGT et Goodyear "sur les indemnités de départ pour tous les employés".

Cette proposition de reprise, formulée le 22 octobre, concerne 333 emplois à Amiens sur les 1.137 que compte le site. Mais le projet de rachat commencerait avec zéro employé. La "première étape", avant de s'engager auprès du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est un accord entre la CGT et Goodyear, l'actuel propriétaire de l'usine, pour qu'il n'y ait "plus d'employés dans l'usine", explique Maurice Taylor.

Un procédé illégal

En somme, cela reviendrait à licencier tout le personnel, Goodyear assumant seul les indemnités de départ. Ensuite seulement, Titan rappellerait 333 salariés pour les faire travailler dans la même usine. Un procédé juridiquement contestable: il est en principe interdit de réembaucher sur les mêmes postes des salariés qui ont subi un plan social, moins d'un an avant.

Pas de quoi entamer la désinvolture du PDG de Titan, dont le groupe, "n'a pas besoin d'acheter cette usine. Mais, avec un prix correct et des travailleurs compétents, cela vaut le coup d'essayer", assure-t-il.

Celui qu'on surnomme le "grizzly" n'en est plus à une polémique près. En février, il avait retiré une première offre de reprise qui concernait un peu plus de 500 postes en traitant la CGT Amiens de "syndicat fou" et les salariés de "soi-disant ouvriers" qui "travaillent trois heures par jour".

Arnaud Montebourg, que Maurice Taylor qualifie de "charmant jeune homme", voulait par ailleurs une garantie de pérennité de ces 333 emplois pour quatre ans. Pas question pour le PDG américain qui renvoie la balle au ministre: "Si M. Montebourg parvient à ce que la CGT et Goodyear se mettent d'accord et que Titan achète l'usine, nous avons bien l'intention de rester à Amiens-Nord plus de quatre ans".

Nina Godart