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Des taxis sans chauffeur testés au sommet du G7

Robot Taxi vise une mise en circulation de ses véhicules autonomes à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2020.

Robot Taxi vise une mise en circulation de ses véhicules autonomes à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2020. - Robot Taxi

"La société japonaise Robot Taxi profite du sommet des dirigeants mondiaux qui se tient à Ise-Shima ces 26 et 27 mai pour faire essayer ses véhicules aux chefs d’État."

Une rencontre des dirigeants des plus grandes puissances mondiales comme l’est la réunion du G7 attire forcément les médias. Quoi de mieux alors que de saisir l’occasion pour attirer les projecteurs sur un projet innovant?

C’est ce qu’a fait une société japonaise qui conçoit des voitures autonomes capables de faire office de taxis. Elle transforme des modèles de voitures classiques en leur ajoutant la technologie nécessaire à une conduite autonome. En marge d’une réunion jeudi, cette société a proposé aux principaux chefs d’État présents de se déplacer en voiture sans chauffeur, comme le rapporte un correspondant de la presse indienne

Paiement en ligne

Barack Obama ou Angela Merkel ont-ils eu peur d’écorner leur image auprès des chauffeurs de taxis de leurs pays? Aucun des deux n’a en tout cas testé ce véhicule, malgré l’incitation du Premier ministre japonais Shinzō Abe lui-même.

Comme pour les services de VTC, les clients peuvent réserver et payer le service depuis une application mobile. La voiture vient chercher le client et sait où il se trouve grâce à la géolocalisation de son téléphone. Les portes s’ouvrent automatiquement et une fois le client à bord, la voiture prend en compte les données de circulation disponibles en temps réel pour calculer l’itinéraire le plus rapide pour se rendre à destination.

Le fabricant estime que ses voitures pourraient être utiles pour transporter des malades d’un hôpital à un autre ou pour faire découvrir une ville japonaise à des touristes étrangers par exemple. Cela pourrait aussi être un moyen de déplacement sûr pour les personnes âgées, sachant que le Japon connaît un vieillissement accéléré de sa population.

Un service abordable?

L’entreprise Robot Taxi, basée à Tokyo, est une co-entreprise entre DeNA, entreprise de commerce sur mobile, et ZMP, qui produit des technologies pour les voitures autonomes. Elle vise une mise en circulation de ses véhicules autonomes à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2020, qui auront lieu dans la capitale nippone.

Quid du prix des déplacements? Qui pourra se payer ce service? Pour l’instant, l’entreprise ne donne pas de montant. Mais son PDG Hiroshi Nakajima a assuré au site américain Quartz que l’objectif serait de le proposer à moindre coût par rapport à un taxi conduit par un chauffeur: "Quand vous vous penchez sur les taxis conduits manuellement, vous vous rendez compte que 70 % de leur coût est lié au prix de la main d'œuvre (...) Si nous remplaçons cette partie par de l'intelligence artificielle, je pense que nous serions capables de proposer un prix extrêmement attractif". 

Le défi technologique est néanmoins de taille. Ces voitures devront être assez "intelligentes" pour rouler sur le réseau secondaire et disposer de cartes de navigation mises à jour en permanence. À ceci s’ajoute l’enjeu réglementaire: pour l’instant, l’existence d’une flotte de taxis autonomes n’est pas autorisée, pas même au Japon.

Mais il y a fort à parier qu’elle le sera, étant donné que Robot Taxi correspond à la volonté gouvernementale de montrer que le Japon est toujours en pointe sur les nouvelles technologies.

Partenariat entre Toyota et Uber

À travers le monde, plusieurs autres entreprises travaillent à la mise au point de voitures sans chauffeur dans le but de créer une flotte de transport de personnes: Tesla, Google, Apple… La voiture autonome fait partir des projets de recherche de plusieurs constructeurs automobiles dont Toyota, BMW et Ford.

Dès 2014, le PDG d’Uber Travis Kalanick avait confié son intérêt pour les voitures autonomes lors d’une conférence organisée par le média Re/Code. "La raison pour laquelle Uber coûte cher est que vous payez pour l’autre personne dans la voiture. Quand il n’y a personne d’autre dans la voiture, emprunter un Uber n’importe où coûtera moins cher". D’ailleurs, Toyota et Uber ont annoncé mercredi 25 mai un partenariat pour unir leurs efforts dans ces recherches. 

Adeline Raynal