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Toyota veut créer la voiture autonome qui n'aura jamais d'accident

Pour Kiyotaka Ise, patron de la R&D de Toyota, le but est de conserver le plaisir de la conduite, en éliminant les risques de collision.

Pour Kiyotaka Ise, patron de la R&D de Toyota, le but est de conserver le plaisir de la conduite, en éliminant les risques de collision. - Toyota

Après les polémiques sur les accidents de la circulation des Google Car, Toyota réagit. Il a recruté un spécialiste de la robotique et offre 50 millions de dollars pour le financement des recherches menées au MIT et à Stanford.

Si les constructeurs américains et européens sont très actifs dans la voiture autonome, les asiatiques ne sont évidemment pas en reste. Toyota, l’un des précurseurs des moteurs hybrides, veut être prêt pour 2020. Pour cela, il vient de signer un accord de recherche avec deux universités américaines de prestige. L’une, le MIT (Massachussetts Institute University), est installé sur la côte Est, l’autre, Stanford, est basée en Californie.

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue de week-end à Palo Alto, le groupe japonais a précisé qu’il financera à hauteur de 50 millions de dollars, des centres de recherche spécialisés dans l’intelligence artificielle des voitures autonomes.

Ce projet a été confié à Gill Pratt, une nouvelle recrue de Toyota. Ce scientifique est l’ancien directeur de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), l’unité américaine de robotique militaire qui développe des robots à la fois agiles et puissants. Ce n’est pas la première fois que la Darpa fournit des cerveaux aux entreprises. En août dernier, Uber a recruté des chercheurs qui ont participé aux recherches sur les voitures du futur de l’agence de recherche militaire.

Google Car: 16 accidents et presque jamais en tort

Lors de la conférence de presse, Kiyotaka Ise, patron de la R&D de Toyota, a indiqué que le but de ce projet est "de conserver le plaisir de la conduite, en éliminant les risques de collision sur route."

Cette allusion n’est pas innocente. Le message est adressé à Google dont les voitures sans chauffeur, en test en Californie et au Texas, ont connu quelques accidents de la circulation. Certes, ils ne sont pas graves, mais ils donnent à ces engins une image peu sécurisante.

Le dernier en date remonte à quelques semaines. En freinant pour ne pas percuter un piéton imprudent, la Google Car s’est fait percuter par le véhicule qui la suivait. Le conducteur, un humain, n’a pas eu le même réflexe que le cerveau électronique de la voiture. Bilan: trois blessés légers. Et depuis 2009, sur les 16 accidents de Google Car, seulement un est totalement attribué à la voiture autonome. C’était en 2011.

Désormais, la diminution des accidents de la route est devenu l’enjeu prioritaire des véhicules sans chauffeur. Lors du salon de l’auto de Genève, en mars dernier, Peter Mertens, patron de la R&D de Volvo rappelait que cet objectif est au cœur de ses préoccupations. Il assure qu’en 2020, ce problème pourrait être résolu.

Selon l’OMS, les accidents de la circulation provoquent chaque année le décès de 1,3 million de personnes et plus de 40 millions de blessés.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco