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Anne Hidalgo réfléchit à tourner la page d'Autolib'

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La maire de Paris dit étudier la mise en place d'autres systèmes d'autopartage dans la capitale, alors que le groupe Bolloré, propriétaire d'Autolib' réclame 46 millions d'euros par an aux communes adhérant à son service.

Et si Paris se passait d'Autolib'? La question semble être sur la table face au déficit abyssal qui menace le service d'autopartage, présent dans 103 communes de la région parisienne, dont la capitale. Dans une interview au journal Les Echos, la maire de Paris se dit prête à "regarder ce qui se fait ailleurs". "Ce dispositif devait être rentable. Force est de constater qu'il ne l'est pas", poursuit Anne Hidalgo. 

D'après des chiffres révélés par Le Monde la semaine dernière, le déficit accumulé d'Autolib' s'élèverait à 293,6 millions d'euros à la fin du contrat, en 2023. Le contrat oblige le groupe à prendre en charge 60 millions d'euros mais Bolloré réclame 46 millions d'euros par an aux collectivités adhérentes pour combler le reste. Une somme jugée "extravagante" par Anne Hidalgo pour qui il est "hors de question que les communes et donc les contribuables, la prennent à leur charge".

Autolib' à l'épreuve des VTC et scooters en libre-service

La maire de Paris s'interroge sur l'intérêt d'un modèle comme Autolib', lancé en 2011, avant l'arrivée de nouvelles solutions de transports, des VTC aux scooters en libre-service en passant par les vélos électriques.

"Il faut donc se projeter dans un nouveau modèle, qui réponde aux usages des habitants et qui doit être performant sur le plan économique. Doit-il être basé sur la subvention publique? J'en doute", estime Anne Hidalgo.

Par quoi remplacer Autolib'? L'une des options avancées par Anne Hidalgo serait le maintien d'un service avec "une part de financement public" mais la maire de Paris qui doute que les communes veuillent y contribuer préférerait voir des "industriels tentés par ce type de système" assurer la gestion et la rentabilité d'un nouveau service d'autopartage.

"Beaucoup de constructeurs veulent innover à Paris"

Des discussions à ce sujet seraient en cours avec "différents constructeurs" confirme Anne Hidalgo. 

"Il existe désormais des systèmes d'autopartage en free floating (sans borne, ndlr), comme le fait par exemple Renault. Beaucoup de constructeurs automobiles veulent innover à Paris et nous demandent de les accueillir et de les accompagner", ajoute la maire de Paris.

Avec ce type de système, les collectivités n'ont pas à supporter le coût d'exploitation. A minima, il reste aux villes à organiser la gestion de l'espace public, comme la ville de Paris est en train de le faire pour les vélos en libre-service qui pourraient être obligés de stationner dans des zones réservées.

D'après Anne Hidalgo, la mise en oeuvre de ces nouveaux systèmes d'autopartage pourraient intervenir avant même la fin du contrat avec Bolloré en 2023: "il n'y aucune raison d'attendre". 

Dans un communiqué, le groupe Bolloré a dit prendre connaissance "avec stupéfaction des déclarations d'Anne Hidalgo". Le groupe signale "qu'il n'a cessé d'alerter le Syndicat depuis trois ans de la dérive financière du service sans qu'aucune mesure ne soit prise" tout en déplorant "cette polémique qui va encore nuire à l'image du service et peser sur les performances". 

C. B