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Vente de SFR: Jouyet n'a pas "reçu de coup de fil de l'Elysée" pour soutenir Bouygues

Jean-Pierre Jouyet a assuré que soutenir Bouygues était "un choix patrimonial".

Jean-Pierre Jouyet a assuré que soutenir Bouygues était "un choix patrimonial". - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le directeur général de la Caisse des Dépôts était l'invité de BFM Business, ce jeudi 3 avril. Il est revenu sur le dossier SFR ainsi que sur l'évolution de Bercy après le remaniement .

Invité ce jeudi 3 avril, le directeur général de la Caisse des Dépôts, Jean-Pierre Jouyet est revenu sur le dossier de la vente de SFR dans lequel son institution a apporté son soutien à Bouygues. Il a également évoqué le remaniement ministériel et l'avenir de la SNCM.

> Bouygues, "un choix patrimonial"

Dans le dossier du rachat de SFR, la décision finale s'approche. Vendredi 4 avril, la période de négociations exclusives accordée à Numericable s'achèvera et le conseil de surveillance de Vivendi se réunira pour décider s'il prend l'offre du cablo-opérateur ou s'il choisit d'examiner celle de Bouygues.

La Caisse des Dépôts est partie prenante, ayant décidé de mettre 300 millions d'euros dans les 13,15 milliards d'euros proposés par Bouygues.

Interrogé sur d'éventuelles pressions, Jean-Pierre Jouyet a déclaré "ne pas avoir reçu de coup de fil de l'Elysée" et affirmé que soutenir Bouygues est "un choix stratégique". "Nous sommes actionnaires d'Orange, Vivendi et de Bouygues ainsi que le premier investisseur français dans les infrastructures", a-t-il expliqué, dans un premier temps.

"J'ai toujours été pour un nombre limité d'opérateurs de télécommunication" et "je ne pense pas que la quatrième licence ait amélioré la couverture du territoire et la qualité du service", a-t-il poursuivi.

Enfin, il a argué que l'offre de Bouygues, selon lui, "garantit l'emploi" mais a assuré que la Caisse des Dépôts "s'alignera sur la position du conseil de surveillance de Vivendi".

> Sapin-Montebourg "un attelage qui va marcher"

Jean-Pierre Jouyet a également commenté la réorganisation de Bercy liée au récent remaniement ministériel. Pour lui, passer de sept à deux ministres est "une vraie simplification".

Concernant l'articulation des tâches entre Michel Sapin et Arnaud Montebourg, il a affirmé que "la répartition est assez claire". "Tout ce qui est est sur plan international et financier sera de la responsabilité de Michel Sapin qui aura également la responsabilité des comptes publics", a-t-il expliqué.

"A côté, vous avez ce qui est de l'économie. Les deux hommes étant intelligents et ayant suffisamment de charges l'un et l'autre, je suis certain que l'attelage va marcher".

Interrogé ensuite sur le sujet épineux du Commerce extérieur, il a apporté une réponse de Normand. "Pour aider les entreprises il est bien qu'il y ait un correspondant unique dans les ambassades", a-t-il indiqué avant d'ajouter que "tout ce qui est de la représentation internationale de la France sur le plan financier reste de la responsabilité du ministère de l'Economie et des Finances".

> Un solution durable pour la SNCM

Indirectement actionnaire de la SNCM via la société Transdev qu'elle co-détient avec Veolia, la Caisse des Dépôts veut, selon Jean-Pierre Jouyet, "aider à trouver une solution à [ce] problème" mais à condition que cette "solution soit durable".

Il a fait référence à des accords qui stipulaient clairement que la SNCM relevait "de la responsabilité de Veolia".

> La Caisse des Dépôts veut augmenter ses fonds propres

Evoquant les résultats de la Caisse des Dépôts qui est revenu dans le vert en 2013, avec un bénéfice de 2,1 milliards d'euros, Jean-Pierre Jouyet a vu "des signes encourageants".

"Nous avons réussi à retrouver notre niveau de fonds propres d'avant la crise, nous devons encore avoir davantage de fonds propres", a-t-il ajouté.

Il a également rappelé que la Caisse des Dépôts est "le premier investisseur dans les entreprises" et construit l'an dernier 110.000 logements sociaux.

J.M.