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Silicani (Arcep): "l'emploi est resté stable dans les télécoms"

Une fois de plus, le régulateur des télécoms a justifié l'arrivée d'un nouvel opérateur mobile

Une fois de plus, le régulateur des télécoms a justifié l'arrivée d'un nouvel opérateur mobile - -

Le gendarme des télécoms, invité de BFM Business, a expliqué qu'il ne pouvait pas s'opposer à la demande de Bouygues de lancer la 4G dans ses fréquences 2G.

Une fois de plus, le gendarme des télécoms a dû justifier de son action, qui suscite toujours des critiques.

Invité de BFM Business dans Le Grand Jounal, jeudi 14 mars, le président de l'Arcep a expliqué que le feu vert donné à Bouygues Telecom pour déployer la 4G dans ses fréquences 2G, lui permettra "ainsi offrir la 4G pour la fin de l'année".

Selon les textes, "nous ne pouvions nous opposer à la demande de Bouygues Telecom que pour des motifs bien précis. Nous devions trouver des motifs pour lesquels nous pourrions refuser. Or nous n'avons pas pu identifier de tels motifs", a ajouté Jean-Ludovic Silicani.

SFR et Free pas convaincants

Un des critères était l'emploi et l'investissement. Sur ce point, "i'mpact global n'est pas négatif. Car la 4G va accélérer les commandes chez les équipementiers", a déclaré le régulateur, invité du Grand journal.

Certes, SFR et Free assuraient qu'un tel feu vert détruira des milliers d'emplois. "Nous leur avons demandé leurs études d'impact, mais nous n'avons pas été convaincus, car leurs réponses étaient contradictoires, ou alors il n'y avait pas de réponse du tout".

Un autre critère était l'impact sur la concurrence. "Certes, cette décision donne un avantage momentané à Bouygues, a admis Jean-Ludovic Silicani. Mais elle ne constitue pas une distorsion de concurrence. Cet avantage est même favorable au marché, puisque cela va inciter tous les autres acteurs à accélérer le déploiement dans la 4G".

Quant à savoir si la 4G permettra de créer de la valeur pour les opérateurs, le président de l'Arcep estime que la balle est dans le camp des opérateurs: "s'ils se lancent dans une guerre des prix, ils en sortiront par le bas. Mais s'ils valorisent la 4G, s'ils arrivent à garder de la valeur avec des offres différenciées, s'ils organisent une tarification intelligente, alors ils en sortiront par le haut".

Défense du quatrième opérateur

Enfin, le gendarme des télécoms a une fois de plus défendu l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile. Il a expliqué que les créations d'emplois dans le secteur ont compensé les suppressions, si bien qu'"en 2012, le solde est à zéro dans les télécoms".

Quant au déploiement du réseau de Free, "aucun opérateur ne conteste plus le taux de couverture. Aujourd'hui, il n'y a plus de problème, plus de débat concernant ce calcul de la couverture".

Concernant la location du réseau 3G d'Orange par Free, Jean-Ludovic Silicani s'est dit "d'accord avec l'objectif" d'y mettre fin d'ici 2018, comme l'a proposé le gendarme de la concurrencce. "Si l'Autorité de la concurrence a tapé du poing sur la table, alors elle a tapé sur elle-même, car c'est elle qui avait dit il y a un an et demi que Free devait accéder à la 3G", a-t-il ironisé.

Jamal Henni