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Mobiles: vers un partage des réseaux entre opérateurs

Le gendarme de la concurrence reste opposé à une fusion entre opérateurs mobiles

Le gendarme de la concurrence reste opposé à une fusion entre opérateurs mobiles - -

L'Autorité de la concurrence a rendu un avis favorable sous conditions à la mutualisation de réseaux entre deux opérateurs mobiles. Une option qu'envisage SFR, probablement avec Bouygues.

"Oui, mais sous certaines conditions". Telle est la réponse ambivalente rendue, lundi 11 mars, par le gendarme de la concurrence à la question de la mutualisation des réseaux entre opérateurs mobiles.

Cet avis de l'Autorité de la concurrence ouvre la voie au partage d'un même réseau de téléphone mobile entre deux opérateurs. Une solution qui permet de diminuer les coûts. Elle est ouvertement envisagée par SFR, qui pourrait ainsi partager ses infrastructures avec Bouygues Telecom par exemple.

Cas par cas

Toutefois, l'avis de l'Autorité de la concurrence distingue plusieurs cas.

>dans les zones peu denses ou de déploiement prioritaire (zones rurales): ici, le gendarme de la concurrence donne son feu vert à tout type de mutualisation de réseau.

>dans les zones semi-denses: là, un partage des infrastructures passives (pylônes) ne pose pas de problème. En revanche, un partage des éléments actifs du réseau (antennes) peut être acceptable si son intérêt est démontré par les opérateurs.

>dans les zones denses (villes): ici, un partage des infrastructures passives reste sans problème. En revanche, un partage des éléments actifs "paraît risqué" du point de vue concurrentiel.

Indulgence pour Free

L'avis distingue aussi d'autres cas. Ainsi, l'Autorité de la concurrence émet de "très fortes réserves" si deux opérateurs veulent mettre en commun non seulement leurs réseaux, mais aussi leurs fréquences. Cela pourrait être acceptable uniquement en zone peu dense, et en prenant "des précautions particulières".

Mais le gendarme de la concurrence dit aussi qu'il faut tenir compte de la taille de l'opérateur, et être plus indulgent avec le petit dernier, Free. Dans ce cas-là, alors un partage des éléments actifs pourrait "présenter un intérêt".

Non à une fusion

En revanche, l'Autorité de la concurrence répète son opposition à une fusion entre opérateurs. "Une consolidation du secteur par rachat ou fusion d’opérateurs n’est à priori ni possible ni souhaitable. La reconsolidation du secteur, par rachat ou fusion entre opérateurs, signerait en grande partie l’échec du modèle concurrentiel construit depuis plusieurs années", écrit-elle.

"Une dynamique a été créée, il faut la maintenir, a expliqué le président de l'Autorité Bruno Lasserre. Repasser de quatre à trois opérateurs serait un aveu d’échec, et, dans certaines hypothèses, reviendrait à un duopole. A l’étranger, dans la plupart des cas, seul un passage de cinq à quatre opérateurs a été autorisé. Et dans les cas où l’on est passé de quatre à trois opérateurs, il a été imposé de rendre des fréquences, de façon à permettre la renaissance d’un quatrième opérateur".

Jamal Henni