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Pourquoi ils sont de moins en moins à faire la queue pour avoir le nouvel iPhone

Ce vendredi 25 septembre, à 7h30, devant l’Apple Store Opéra, la file qui, l’an dernier, s’étirait sur plus d’une centaine de mètres s’est considérablement réduite.

Ce vendredi 25 septembre, à 7h30, devant l’Apple Store Opéra, la file qui, l’an dernier, s’étirait sur plus d’une centaine de mètres s’est considérablement réduite. - Jacques Demarthon - AFP

Ce matin, devant l’Apple Store Opéra, à Paris, ils étaient beaucoup moins nombreux que les années précédentes à faire la queue pour acquérir l’iPhone 6s. De plus en plus de clients ont commandé en ligne et attendent tranquillement de se faire livrer dans la journée.

Pour certains, acheter un iPhone 6s le jour de sa sortie est un rite. Pour d’autres, c’est un business. Mais, même en réunissant ces deux groupes, le constat est évident. Ils sont de moins en moins à faire des heures ou des jours de queue pour être les premiers à avoir le nouvel iPhone.

Ce vendredi 25 septembre, à 7h30, devant l’Apple Store Opéra, nous avons constaté cette tendance. La file qui, l’an dernier, s’étirait sur plus d’une centaine de mètres s’est considérablement réduite. Le smartphone d’Apple ferait moins rêver qu’avant ? Évidemment non.

En fait, il s’agit d’un effet mécanique organisé par Apple. Comme nous l’a indiqué une source bien informée, cette baisse de fréquentation est la conséquence du succès des précommandes en ligne. "Il y a de plus en plus de personnes qui sont passées par cette voie et qui recevront leur iPhone chez eux ou au travail en début d’après-midi. Ils n’ont plus d’intérêt à passer la nuit dans le froid à attendre l’ouverture du magasin."

Apple a aussi décidé organiser la file d’attente en donnant la priorité à ceux qui ont précommandé l’appareil et qui bénéficiaient d'une place réservée sans avoir à faire le pied de grue sous la pluie. Les autres, regroupés dans une autre file, ont dû attendre que les premiers soient servis. Ils pourront ensuite en obtenir un si… le stock le permet. 

La fin du marché gris dont profitent les oligarques

Parmi eux, il y avait bien sûr les "early adopters" qui veulent annoncer sur les réseaux sociaux qu’ils possèdent avant les autres le dernier né d’Apple. Il y avait aussi ces groupes d'Europe de l'Est, de Russie et de Tchétchénie qui, chaque année, font les achats pour des oligarques qui ne veulent pas attendre que l’iPhone 6s soit disponible dans leur pays. Une fois que leur sac est rempli, ils rejoignent l’aéroport pour livrer dans la journée à Moscou ou à Saint-Petersbourg.

Pour eux aussi, une page se tourne avec l'extinction programmée de ce marché gris. "La seule raison qui permet à ce business d’exister est que dans certains pays, il faudra attendre quelques jours ou quelques semaines pour en acheter. Déjà, cette année, les Chinois sont livrés en même temps que les Américains, les Européens ou les Australiens. Ce délai se réduit et finira par disparaître avec des lancements mondiaux simultanés."

Cette réorganisation permettra aussi et surtout à Apple d’annoncer des chiffres de ventes de plus en plus puissants lors des premiers jours du lancement. Le score à battre : les 10 millions d’iPhone 6 vendus en trois jours en 2014, soit un chiffre de ventes de plus de 7 milliards de dollars. Avec le lancement en Chine, le pari semble déjà amplement gagné.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco