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Pourquoi ils quittent Apple pour Tesla

Pour Brennan Boblett, un ancien concepteur d'Apple qui a rejoint Elon Musk, « les Tesla sont plus proches de l’iPhone que d’une Ford. »

Pour Brennan Boblett, un ancien concepteur d'Apple qui a rejoint Elon Musk, « les Tesla sont plus proches de l’iPhone que d’une Ford. » - Kevork Djansezian (Getty Images/AFP)

Le charisme d’Elon Musk et ses voitures de sport technologiques séduisent les salariés d’Apple. En quelques années, Tesla Motors a piqué à Apple 150 talents qui retrouvent l’euphorie des années Steve Jobs.

Est-il le successeur de Steve Jobs ? Depuis qu’il a fondé Tesla Motors, le serial entrepreneur californien séduit en tout cas bon nombre de ceux que le créateur d’Apple fascinait.

Les deux dirigeants ont en effet plusieurs points communs qui n’échappent à personne. L’un et l’autre sont à l’origine de révolutions technologiques, l’un dans l’informatique, l’autre dans l’automobile, qui les ont érigées en leaders planétaires.

Une similitude qui explique probablement pourquoi aujourd’hui, Tesla recrute aujourd’hui davantage chez Apple que chez les concurrents de l’automobile. Et quelle que soit leur spécialité. Selon Bloomberg, l’entreprise aurait déjà recruté au moins 150 anciens employés d'Apple. Pas seulement des développeurs, mais aussi des commerciaux, des techniciens, des juristes ou des designers. Pour Elon Musk, l’esprit Apple de l’époque Steve Jobs qui les caractérise et « étroitement lié » à Tesla.

Les voitures sont devenues "des ordinateurs"

Comme le souligne Bloomberg, cette "aspiration" a démarré en 2010 avec le recrutement de George Blankenship, qui a participé à la création et au lancement des Apple Store. Elon Musk l’a recruté pour "faire la même chose", mais chez lui.

La liste continue avec Rich Heley qui a rejoint Tesla en 2013 et qui maintenant est vice-président de Tesla. Lynn Miller, qui a été embauché en 2014 comme avocat. Beth Loeb Davies, directeur des programmes de formation depuis mai 2011. Et enfin, Nick Kalayjian, administrateur en charge de l'électronique de puissance qui a obtenu plusieurs brevets pour son travail chez le constructeur, dont il a rejoint les effectifs en 2006.

"Les Tesla sont plus proches de l’iPhone que d’une Ford"

Mais au-delà de ces affinités, c’est l’évolution des automobiles qui sont devenues "des ordinateurs" qui crée des atomes crochus entre les deux groupes. Pour Brennan Boblett, ancien concepteur d'Apple qui a développé l'écran de contrôle du dernier modèle avec une équipe composée de ses anciens collègues de Cupertino, "les Tesla sont plus proches de l’iPhone que d’une Ford."

C’est d’ailleurs ce qui explique que les constructeurs traditionnels basés à Detroit ont toutes les peines du monde à trouver des talents dans les technologies. "C’est presque injuste", réagit Adam Jonas, analyste de l'industrie automobile chez Morgan Stanley qui confirme que les éléments technologiques représentent désormais 60% de la valeur d’une voiture. Et pour lui, "ce désavantage [pour les constructeurs automobiles traditionnels] va s’intensifier."

Les constructeurs historiques tentent aussi de profiter des talents d’Apple pour leurs compétences, mais aussi pour son image. Bloomberg rappelle que quand Ford a ouvert un bureau de la Silicon Valley en janvier dernier, il a rédigé un communiqué de presse pour signaler qu’elle avait embauché un ingénieur "made in Apple".

Face à ces départs, Tim Cook en reste les bras ballants. Apple a, à son tour, tenté de débaucher quelques talents chez Tesla. La firme de Cupertino joue en priorité la carte salariale avec des primes allant jusqu’à 250 000 dollars à la signature du contrat et des augmentations de 60% par rapport à leur salaire. Mais même avec ces arguments, la tâche est rude. Elon Musk l’assure, "jusqu’à présent, ils n’ont pas réussi à nous piquer grand monde."

Pascal Samama