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Pour Ynsect, le leader français de l'élevage d'insectes, l'alimentation humaine n'est pas la priorité 

La start-up est devenue en quelques années le leader de l'alimentation des animaux et des plantes grâce aux insectes. Prochaine étape, l'humain?

Les insectes peuvent-ils devenir une vraie alternative à la viande dans l'alimentation animale et humaine? La start-up française Ynsect y croit depuis 2011.

Et grâce à l'utilisation de technologies de pointe pour l'élevage comme l'intelligence artificielle, le Machine Learning, la robotique et les usines verticales, la jeune pousse est devenue le leader mondial de l'élevage d'insectes et de leur transformation. Fondé en 2011, Ynsect a déjà levé 200 millions d'euros. La start up est présente dans la liste Next40, a reçu le prix Tech4Good 2019 et vise 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les insectes élevés servent pour le moment à l'alimentation animale (chiens, chats, poissons) et pour les plantes à travers l'utilisation de leurs excréments en tant qu'engrais. 

70 millions de contrats signés

Les avantages? "C'est vraiment l'efficacité de ces insectes, parce qu'on apporte des bénéfices nutritionnels et santé vraiment uniques aux animaux et aux plantes. Ils grandissent plus vite en consommant moins de ressources, moins d'eau, moins d'aliments et ayant moins de problèmes de santé. Donc on peut utiliser moins de pesticides, moins d'antibiotiques. In fine c'est bien pour la planète et pour le consommateur", explique Antoine Hubert, co-fondateur et président d'Ynsect, sur le plateau de Good Morning Business.

Mais évidemment, la question est de savoir si Ynsect compte se lancer dans l'alimentation humaine alors que la production de viande est aujourd'hui pointée du doigt pour ses conséquences sur l'environnement.

"Cela se développe, on a des confrères qui font ça. Cela prend du temps", souligne Antoine Hubert. "Dans certains pays c'est plus accepté. Et encore, pour que ce soit un marché aussi important que l'alimentation animale et végétale, ça va prendre encore des années et des années".

Pour le moment, Ynsect préfère donc se concentrer sur sa spécialité, l'alimentation animale et végétale. "On se concentre sur la demande des clients. On a quand même 70 millions de contrats signés, on va dépasser les 80 dans quelques jours. La demande est vraiment là (...) et on ne peut pas mener plusieurs combats en même temps. Nourrir les animaux et les plantes c'est déjà énorme et on verra dans le futur comment on avance".

La prochaine étape sera la construction au premier trimestre 2020 du plus grand site de production d'insectes au monde à Amiens.

Olivier Chicheportiche