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Pendant les vacances, partagez votre voiture au lieu de la laisser dormir

Pour amortir les frais de vacances, plusieurs sociétés proposent aux automobilistes de bénéficier du parking gratuit et d’une rémunération contre la location de leur voiture.

Pour amortir les frais de vacances, plusieurs sociétés proposent aux automobilistes de bénéficier du parking gratuit et d’une rémunération contre la location de leur voiture. - Kenzo Tribouillard - AFP

Plutôt que de laisser garer les voitures dans des parkings payants pendant les vacances, des sociétés proposent aux particuliers de garer leur auto gratuitement en la louant à ceux qui n’en n’ont pas.

Les frais de stationnement sont à ajouter au prix des vacances. Et les parisiens sont parmi les plus touchés par ces frais qui peuvent monter assez hauts.

Dans Paris, une place dans un parking souterrain peut facilement dépasser les 250 euros par mois. Et pour ceux qui partent en avion, l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a lancé un forfait de 230 euros pour "26 à 30 jours". Seule condition pour en bénéficier: réserver à l'avance. 

La situation a été confirmée par un sondage réalisé fin mai pour la société de locations entre voyageurs Tripndrive auprès de 1.007 personnes. Pour 63% des personnes interrogées, "le stationnement est un problème" pendant la période des vacances, en particulier à cause des tarifs. 

Pour rentabiliser ces frais, plusieurs sociétés ont développé une offre dans laquelle le propriétaire d’un véhicule bénéficiera du parking gratuit et d’une rémunération. Pour cela, la voiture sera mise en autopartage pendant l'été. Cette offre est proposée par Tripndrive, qui est présent dans une vingtaine d’aéroports et de gares, Carnomise, Drivy ou encore Travelercar. 

"Le stationnement payant à Paris est forcément une incitation assez forte" à partager sa voiture, explique à l'AFP Paulin Dementhon, fondateur et PDG de Drivy, société qui revendique la première place de la location de voitures entre particuliers en France. Elle vient de lancer Drivy Parking, un service actuellement limité à Paris, mais qui a vocation à s'étendre.

Les vues de la SNCF sur le marché de l'autopartage

Et si les propriétaires de voiture trouvent enfin une solution pour amortir leurs frais, les locataires sont également gagnants. Avec l’autopartage, les tarifs sont en moyenne divisés par deux par rapport à ceux des loueurs traditionnels.

Mais aussi, le parc de l’autopartage permet de satisfaire tous les besoins. Lotfi Louez, l'un des dirigeants de Travelercar, estime à 50.000 le parc de véhicules à louer entre particuliers dans l'Hexagone, un chiffre encore modeste mais en pleine expansion. D’autant qu’en ville, les voitures ne circulent que 5% du temps. "Lors des 95% de temps restant, elles restent au parking", expliquait récemment à l'AFP Bertrand Barthélemy, PDG de la société Parkeon, un spécialiste mondial des horodateurs. 

Bientôt dans les gares SNCF?

"Les mentalités ont changé", explique Jean-Pierre Nadir, PDG d'EasyVoyage. "Nous sommes dans une société d'optimisation, et on va de même faire fructifier ses valeurs dormantes [...] et avec cet argent, partir aussi en vacances", souligne Jean-Pierre Nadir, PDG d'EasyVoyage. 

La SNCF n’est pas en reste. Elle vient d'entrer dans le monde de l'autopartage en prenant 75% de OuiCar, la première start-up d’autopartage. "Il faut savoir que 30 à 40% des locations de voitures se font en gare ou en aéroport", souligne Marion Carrette, PDG et fondatrice de OuiCar. Selon elle, les parkings, gérés par la filiale Effia de la SNCF, seront "au coeur de notre système". Quant à une offre de gratuité de stationnement intégrée dans l'autopartage, "je confirme que c'est un axe" sur lequel nous travaillons, a-t-elle indiqué.

Pascal Samama avec AFP