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Mark Zuckerberg se prépare-t-il déjà pour la prochaine présidentielle?

Mark Zuckerberg fêtera son 35e anniversaire en 2019 et aura l’âge requis pour peut-être officialiser ses ambitions présidentielles.

Mark Zuckerberg fêtera son 35e anniversaire en 2019 et aura l’âge requis pour peut-être officialiser ses ambitions présidentielles. - Justin Sullivan - Getty Images North America/AFP

En 2017, Mark Zuckerberg, patron et fondateur de Facebook, va parcourir les États-Unis pour aller à la rencontre des Américains. À 32 ans, se prépare-t-il déjà à être candidat à la présidentielle de 2020? Quelques jours après l’investiture de Donald Trump, la rumeur enfle aux États-Unis.

Zuckerberg 2020. Pour le moment, le slogan n’a pas été lancé, mais les ambitions du fondateur de Facebook deviennent de plus en plus palpables. Sur un post publié sur son compte Facebook (suivi par plus de 85 millions de personnes), Mark Zuckerberg a dévoilé, pour la nouvelle année, une résolution plutôt surprenante. Il consacrera l’année à parcourir les États-Unis pour aller à la rencontre de ses concitoyens. Cette quête a déjà démarré en 2016 avec la visite d’une vingtaine d’États. Il lui en reste une trentaine pour finir son périple.

Dans son message, Zuckerberg explique les raisons qui le poussent à se lancer ce nouveau défi. Après une année 2016 "tumultueuse", il veut échanger avec ses compatriotes "sur la façon de vivre, de travailler et de penser à l'avenir". Il va même jusqu’à admettre que l’explosion des technologies n’a pas fait uniquement le bonheur des gens. Le fondateur de Facebook indique que si elle a permis "de créer de nombreux avantages", cette économie mondialisée "a aussi rendu la vie plus difficile […] On doit trouver un moyen de changer le jeu pour que ça marche pour tout le monde".

Ses trois axes: immigration, éducation et santé

Cette démarche n’est pas née d'hier. Ce New-Yorkais fils d'un dentiste et d'une psychiatre émet depuis longtemps des propositions politiques sans vraiment s’engager dans un camp ou dans l’autre, même s’il n’a jamais caché son amitié avec Barack Obama et son aversion pour le protectionnisme de Donald Trump.

Zuck a recruté David Plouffe, ancien conseiller de la Maison-Blanche et directeur de la campagne de Barack Obama en 2008, pour diriger sa fondation.
Zuck a recruté David Plouffe, ancien conseiller de la Maison-Blanche et directeur de la campagne de Barack Obama en 2008, pour diriger sa fondation. © Montage BFM Business

L’immigration est un point qui lui tient à cœur. En 2013, "Zuck" a créé avec une soixantaine d’entreprises américaines un lobby pour faciliter l’entrée aux États-Unis des immigrés. Lorsque Donald Trump promet d’ériger un mur pour se protéger de l’immigration mexicaine, le jeune milliardaire propose, lui, de "construire des ponts" pour relier les hommes. "Nous avons une bien étrange politique d’immigration pour une nation d’immigrants", estime le fondateur de Facebook.

Il précise que ce n’est pas seulement une question humaniste, mais aussi un enjeu économique. "Notre politique migratoire nuit à la productivité des entreprises américaines et ne nous permet pas de rivaliser sur les marchés mondiaux", déclarait-il en faisant référence à l’Inde ou à la Chine. Il est même allé jusqu’à imaginer des bateaux hors des eaux territoriales américaines pour faire travailler des migrants en situation illégale.

Le recrutement du directeur de campagne d'Obama

La vision politique de Mark Zuckerberg ne s’arrête pas à l’emploi. Il a aussi déjà évoqué la nécessité de réformer l’éducation et la santé en augmentant le budget de la recherche scientifique. Sur ce point, il ne se limite pas aux discours. Avec Priscilla Chan, son épouse, il a créé "Chan Zuckerberg Initiative", une fondation en promettant d’y injecter 3 milliards de dollars en 10 ans pour éradiquer la maladie dans le monde, tout simplement. "Nous avons passé ces dernières années à en discuter avec des experts qui estiment que c’est possible, on va donc creuser le sujet", a-t-il déclaré à la presse américaine en septembre dernier. Début janvier, il a même recruté David Plouffe, l’ancien conseiller de la Maison-Blanche et directeur de la campagne de Barack Obama en 2008, pour diriger cette fondation philanthropique.

Tous ces signes semblent remuer la société américaine et depuis quelques jours la presse, de Los Angeles à New York en passant par Washington, se pose cette question: sera-t-il candidat à la présidentielle de 2020? Nul ne le sait. Pour le LA Times, le patron de Facebook "agit comme s'il briguait la présidence" et le Washington Post rapporte qu'il s'est rendu à Dallas pour assister à son premier rodéo, comme le font traditionnellement les candidats. The Atlantic pose la question en titre, "Zuckerberg 2020?" et explique que vu son comportement, "il est logique de s'interroger". Le New York Times note que Mark Zuckerberg veut "stimuler un changement au niveau national" et que David Plouffe parle de son poste dans la fondation "dans des termes similaires à un effort de campagne".

Le plus jeune milliardaire de la planète fêtera son 35e anniversaire en 2019 et aura donc l’âge requis pour se présenter aux élections et peut-être tenter de devenir le 46e président des États-Unis d’Amérique. Reste encore à savoir s’il rejoindra un parti, ou s’il décidera de créer un mouvement citoyen.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco