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Le wi-fi entre en gare mais restera à quai... un certain temps

La SNCF s'en remet aux opérateurs mobiles et à leurs fréquences 700 MHz, non encore disponibles, pour couvrir en 4G toutes ses lignes régionales.

La SNCF s'en remet aux opérateurs mobiles et à leurs fréquences 700 MHz, non encore disponibles, pour couvrir en 4G toutes ses lignes régionales. - Dominique Guillot-AFP

Si les ondes wi-fi irriguent déjà 51 gares, les passagers les attendront fin 2016 pour surfer sur le Net à bord de tous les trains. La couverture mobile des rails dépendra exclusivement des opérateurs.

Surfer sur Internet à haut débit dans les gares est désormais possible mais avant de pouvoir le faire à bord de certains trains, il faudra patienter...

La SNCF a ouvert depuis le 27 juin 2015 des réseaux wi-fi gratuits dans 51 grandes gares de France, en partenariat avec la société Nomosphère. C'est le cas à Paris et dans de grandes métropoles en province (Lille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nancy, etc...). Ces gares seront au nombre de 128 en septembre 2015.

Pour le voyageur en transit, les vingt premières minutes d'accès à Internet en wi-fi depuis un portable, une tablette ou un smartphone, sont gratuites.

Pour rester connecté au-delà de cette période, le voyageur devra remplir en ligne un formulaire afin d'obtenir des identifiants qui lui permettront aussi de se connecter en illimité dans toutes les gares équipées du wi-fi.

La SNCF finance l'accès wi-fi gratuit en gare par la publicité

Dans les deux cas, il aura à visionner des pages publicitaires au début de la connexion. Ces publicités financent en partie le service gratuit mis à disposition des voyageurs par la SNCF.

En revanche, lorsqu'il montera à bord d'un train, le passager risque d'être déçu, s'il souhaite surfer à très haut débit et gratuitement depuis son smartphone ou sa tablette tactile.

La couverture en réseau mobile haut débit de toutes les lignes SNCF régionales (dans leur partie non-souterraine) et TGV, dépendra en effet entièrement des opérateurs mobiles et de leurs réseaux, censés étendre leur emprise le long des voies ferrées.

Le PDG de la SNCF a passé un accord avec Orange et SFR pour qu'ils déploient leurs antennes-relais le long des voies ferrées d'ici fin 2016.

Guillaume Pépy s'est même engagé à ce que tous les trains, pas seulement les TVG, en bénéficient à cette échéance. La SNCF amplifiera par un réseau wi-fi embarqué à bord des rames les ondes émises par les antennes d'opérateurs mobiles. Le PDG prévoit toutefois qu'il ne pourra s'engager sur une qualité de la connexion uniforme sur toutes ses lignes.

Le gouvernement et la SNCF avaient fait ce choix en faveur des opérateurs, début 2015, devant l'échec de la solution technique Box TGV. Celle-ci consistait à équiper les rames TGV de réseaux wi-fi internes, reliés à Internet par une antenne satellite fixée sur le toit du train. Il s'agissait aussi de l'échec d'un modèle économique car l'accès wi-fi à bord des TGV était... payant.

60% de Trains TER couverts en fréquences 700 MHz... en 2022

Mais, les engagements des opérateurs vis à vis de la SNCF dépendront aussi de la libération progressive des fréquences 700 MHz, dont les enchères se tiendront à la fin de 2015. Ces fréquences ont l'énorme avantage d'assurer une grande couverture radio du territoire avec un nombre réduit d'antennes.

Or, dans le projet de cahier des charges lié à ces fréquences, le régulateur des télécoms imposera aux opérateurs de couvrir à 60% des trains TER en région, RER (A,B,C,D,E) et Transilien en Ile-de-France, en... 2022. Cette obligation de couverture passera à 80% en janvier 2027 et à 90% en 2030.

Pourquoi un tel délai à rallonge ? Pour la bonne et simple raison que les fréquences 700 MHz, actuellement utilisées par le secteur audiovisuel, ne seront libérées qu'au compte-goutte, entre avril 2016 et juin 2019. Il était donc impossible d'exiger des opérateurs mobiles qu'ils déploient leur réseaux avec ces fréquences, avant mi-2019.

En ce qui concerne la couverture anticipée en 4G des lignes TGV par les opérateurs mobiles, prévue dès 2016, la SNCF s'appuie sur les opérateurs qui utiliseront leurs fréquences existantes 4G déjà disponibles (800 MHz, notamment) pour fournir des accès wi-fi public à bord de ses rames.

Frédéric Bergé