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Le plan (malin) de la SNCF pour offrir internet dans le train dès 2016

Guillaume Pépy, PDG de la SNCF prévoit d'investir 450 millions d'euros sur trois ans pour mener à bien la transformation numérique de l'entreprise ferroviaire.

Guillaume Pépy, PDG de la SNCF prévoit d'investir 450 millions d'euros sur trois ans pour mener à bien la transformation numérique de l'entreprise ferroviaire. - AFP

Se connecter à Internet dans le train depuis un smartphone ou une tablette sera possible à partir dès l'an prochain. Pariant sur une densification du réseau 3G/4G des opérateurs le long des voies, la SNCF promet de fournir ce service gratuitement.

Accéder à internet gratuitement partout sur le réseau SNCF, telle est la promesse donnée ce matin lors de la présentation de sa stratégie de transformation digitale, par Guillaume Pépy, le PDG de la société ferroviaire. "Le numérique provoque une refonte complète de notre métier, y compris dans la partie production" a-t-il précisé.

Concernant l’accès internet dans les trains, le PDG a décidé de siffler la fin de la partie dans le dialogue de sourds qu’entretenaient jusqu’alors la SNCF avec les opérateurs mobiles. "Il faut cesser cette guerre de tranchées". Echaudé par le décevant modèle satellitaire qui permettait via une antenne positionnée sur une rame de fournir un accès internet aux voyageurs –un système cher (un million d’euros pour équiper une rame) et peu fiable- Guillaume Pépy a donc décidé de changer de braquet et d’opter pour des connexions 4G et 3G pour tous !

Densifier la couverture de téléphonie mobile le long des voies

Concrètement, les trains seront équipés de répéteurs 3G/4G. Ils recevront le signal de l’extérieur et rediffuseront la connexion 3G/4G à l’intérieur du wagon. Certaines rames de TGV disposeront elles d’un répéteur 4G/Wifi qui une fois le signal 4G accroché à l’extérieur, le transformera en connexion W-Fi pour les voyageurs.

Mais c’est le long des voies que tout va se jouer. Puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de demander aux opérateurs de densifier la couverture de téléphonie mobile sur l’ensemble du réseau SNCF. C’est pour atteindre cet objectif que Guillaume Pépy en appelle donc à des partenariats plus poussés avec Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il promet d’ailleurs de son côté d’ouvrir ses infrastructures télécoms aux opérateurs.

La SNCF va agir par étape. Des rames bardées de capteurs vont commencer dès le mois de mars à sillonner la France pour repérer les zones denses et peu couvertes, histoire d'établir un premier diagnostic. Les premières mesures, validées par l’Arcep -le gendarme des télécoms- selon un protocole technique très pointu, seront présentées en avril aux opérateurs. Charge à eux de déployer –ou non- leurs antennes, pour leur propre compte ou de façon mutualisée. "Ils sont face à leurs responsabilités. C’est à eux de décider en accord avec l’Arcep".

La SNCF s’occupe elle d’équiper trains et gares. Un appel d’offres a déjà été lancé à ce sujet. Reste à savoir si les échéances seront tenues. La SNCF promet d’équiper le Paris-Lyon avant fin 2016. D'autres grandes lignes suivront d’ici à 2017.

Frédéric Simottel