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Le cloud fait planer Microsoft

Le pari de Satya Nadella dans le cloud s'avère payant.

Le pari de Satya Nadella dans le cloud s'avère payant. - Mat Hayward - AFP

Le groupe américain a vu son bénéfice net annuel s’envoler de 38%, notamment grâce aux services en ligne.

Le pari sur les services en ligne ("cloud") de Satya Nadella, le patron de Microsoft, continue de payer pour le groupe informatique américain, qui a terminé mieux que prévu son exercice décalé clos fin juin.

Selon des résultats publiés mardi, le bénéfice net annuel du géant des logiciels s'est envolé de 38% à 16,8 milliards de dollars. Sur le seul quatrième trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice net de 3,1 milliards, contre une perte d'ampleur similaire un an plus tôt où il avait souffert d'importantes charges liées à des restructurations et des dépréciations dans les activités de fabrication de smartphones rachetées à Nokia. Et son bénéfice par action trimestriel a dépassé de 11 cents la prévision moyenne des analystes, à 69 cents.

Le chiffre d'affaires annuel a certes reculé, pour la première fois depuis l'exercice clos fin juin 2009, plombé notamment par la division de produits grand public qui souffre d'importantes pertes de revenus dans les téléphones (-71% rien qu'au quatrième trimestre) et de la crise du PC, même si Microsoft assure que ses ventes de licences Windows aux fabricants d'appareil se portent mieux que le marché des ordinateurs personnels.

Le chiffre d'affaires ressort au final en baisse de 9% à 85,3 milliards de dollars sur l'ensemble de l'exercice, et de 7% à 20,6 milliards de dollars au dernier trimestre.

En tenant compte de revenus différés liés à Windows 10, la nouvelle version de son système d'exploitation sortie l'été dernier, le chiffre d'affaires aurait toutefois progressé de 2% à 22,6 milliards de dollars au quatrième trimestre, un niveau supérieur aux attentes du marché.

Revenir sur le devant de la scène

Pour le site d'analyse 247wallst.com, "la manière dont Microsoft a terminé cet exercice reflétait la manière dont il étend sa présence sur le marché à travers la plupart de ses plateformes - en particulier le "cloud intelligent" et Azure", l'offre de services dématérialisés dans le cloud à destination des entreprises avec laquelle il fait concurrence à la filiale AWS d'Amazon.

La division regroupant ces produits affiche des revenus trimestriels en hausse de 7% à 6,7 milliards de dollars.

C'est entre autres en mettant l'accent sur les services en ligne et aux entreprises que Satya Nadella, qui avait succédé à Steve Ballmer comme directeur général début 2014, s'efforce de faire revenir Microsoft sur le devant de la scène après le virage raté du mobile.

Il a parallèlement énormément réduit la voilure dans les smartphones, et mis tout récemment plus de 26 milliards de dollars sur la table pour racheter le réseau social professionnel LinkedIn, une opération qui devrait être bouclée d'ici fin décembre.

"L'année passée a été cruciale à la fois dans notre propre transformation et dans les partenariats avec nos clients qui gèrent leurs propres transformations numériques", a jugé mardi Satya Nadella. "Le cloud de Microsoft a un important élan auprès des clients et nous sommes bien positionnés pour saisir de nouvelles opportunités dans l'année à venir."

Même s'il ne dévoile pas leur montant, Microsoft revendique au quatrième trimestre des revenus plus que doublés (+102%) pour Azure.

Y.D. avec AFP