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La facture de l'explosion du satellite risque d'être salée pour SpaceX

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Spacecom, opérateur israélien du satellite Amos 6 qui a explosé sur le pas de tir de SpaceX, réclame 50 millions de dollars à la firme d'Elon Musk. Cet échec affecte aussi la vente en cours de Spacecom au Chinois Xinwei pour 285 millions de dollars.

L'explosion au sol du satellite porté par la fusée Falcon 9 de SpaceX, n'en finit pas de provoquer des dégâts collatéraux aux conséquences financières et industrielles sévères pour la firme d'Elon Musk. Après Facebook, qui devait utiliser ce satellite, ainsi qu'Eutelsat qui a chiffré à 5 millions d'euros sa part de perte de chiffre d'affaires, c'est en Israël qu'on mesure le coup porté par la perte du satellite de communication sophistiqué qui devait être mis sur orbite.

Avec ses 5,5 tonnes, le satellite Amos 6 était, selon son concepteur Israel Aerospace Industries (IAI), le plus gros et le plus sophistiqué jamais construit sur le territoire de l'État hébreu. Il aurait dû être exploité par l'opérateur israélien Spacecom qui a vu partir en fumée un bijou technologique d'une valeur estimée entre 200 et 300 millions de dollars (178 à 267 millions d'euros).

Pire, Spacecom voit éventuellement son processus de cession au groupe chinois Xinwei, chiffrée à 285 millions de dollars (255 millions de dollars), remis en cause. Cette vente était en effet conditionnée à l'entrée en service réussie du satellite Amos 6. L'opérateur, coté à la Bourse de Tel-Aviv, a ainsi vu son cours chuter de près de 45% depuis l'annonce du sinistre.

Des compensations financières en cascade

En compensation, Spacecom réclame déjà 50 millions de dollars de dédommagement de SpaceX. Mais, il envisagerait de négocier le lancement d’un futur satellite dans le cadre de l’accord existant sans avoir à repayer. Est-il vraiment prêt à faire confiance à la firme américaine qui a provoqué l'explosion de son précieux chargement?

En terme de dédommagement, l'opérateur recevra l'essentiel, soit 205 millions de dollars, du constructeur d'Amos 6, Israel Aerospace Industries, responsable du satellite pendant les soixante premiers jours et assuré à ce titre. Dans le cadre de cette assurance, IAI devra payer le montant "sous 60 jours", a déclaré un porte-parole de l’entreprise quasi-gouvernementale.

David Zusiman, ancien directeur israélien de projet pour les satellites Amos-3 et Amos-4 et impliqué dans les premiers stades de développement d'Amos-6, estime que l'explosion constitue un revers mais pas nécessairement un désastre. "Amos 6 peut être remplacé par un satellite identique qu'il sera possible de commander immédiatement, avec l'argent de l'assurance", a-t-il affirmé dans une interview accordée à la radio publique. "L'assurance doit couvrir le coût d'un satellite complet, y compris d'un nouveau lancement". David Zusiman reconnaît néanmoins un "problème": "Amos-6 devait remplacer Amos-2 qui est maintenant assez vieux".

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco