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Face ID: Apple s’explique sur la reconnaissance faciale de l'iPhone X

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- - Justin Sullivan - Getty Images North America/AFP

Aux États-Unis, un sénateur a officiellement réclamé à Apple quelques explications sur la technologie de reconnaissance faciale de l’iPhone X. Le groupe, qui a un mois pour répondre, a décidé de ne pas attendre la fin de l'ultimatum. Mais il a préféré d'abord répondre à la presse.

Face ID, le système de reconnaissance faciale qui équipe l’iPhone X, inquiète à la fois le public et les autorités. Nos visages seront-ils stockés sur des serveurs pour être revendus? Le gouvernement américain aura-t-il accès à ces données? Cette technologie va-t-elle créer de discriminations? Est-elle aussi efficace qu’Apple l’assure?

Ce sont les questions posées par Al Franken, sénateur du Minnesota et membre de la commission de la vie privée et des technologies, dans un courrier officiel adressé le 13 septembre à Tim Cook, patron d'Apple. Il réclame des réponses d’ici le 13 octobre prochain. Le groupe de Cupertino a choisi de répondre sans attendre. Pas au sénateur, mais au public via le site TechCrunch. Pour cet exercice, Tim Cook a laissé la place à l’un de ses adjoints, Craig Federighi, senior vice-président de l’activité logiciel, qui a répondu par téléphone aux questions du journaliste américain.

Sur le stockage des données, Craig Federighi le répète à nouveau. Elles ne seront pas stockées chez Apple, mais resteront dans l’iPhone de l’utilisateur, comme les empreintes digitales enregistrées par les iPhone avec le Touch ID. Il sera donc impossible de les commercialiser.

"À personne, quel qu’en soit le prix"

Autre question: d’où provient le milliard de données utilisées pour créer Face ID. Ce chiffre a été mentionné par Phil Shiller, patron du marketing d’Apple, lors du keynote. "Phil a mentionné que nous avions recueilli un milliard d'images collectées dans le monde entier pour nous assurer que nous avions un ensemble de données géographiques et ethniques étendus", explique le responsable. "On n’obtient pas cela sur Internet".

Selon Craig Federighi, elles ont été obtenues avec le "consentement des sujets" qui ont fourni des scans "assez exhaustifs sous de nombreux angles". Il précise aussi que ces données, conservées par Apple sont à l’abri et ne seront communiquées "à personne quel qu’en soit le prix".

Pour rassurer ceux qui ne voudraient pas enregistrer leur visage sur le nouvel iPhone, il a précisé que ce n’est pas une obligation. Pour déverrouiller l’iPhone X, ils pourront continuer d’utiliser un code.

Face ID se déverrouille d'une simple pression

Et les clients veulent revenir en arrière après avoir scanné leur visage, ils pourront déverrouiller Face ID facilement en faisant pression sur les boutons latéraux du smartphone. Une méthode qui permet aussi, selon Craig Federighi, de faire face à des situations particulières. « Dans le cas où le voleur vous demanderait de lui remettre votre téléphone, il suffira de le serrer en le prenant dans votre poche pour désactiver l'identité du visage ». Toujours sur la sécurité d’accès au contenu, il précise aussi que si Face ID n’a pas été utilisé dans les dernières 48 heures, il faudra passer par un code pour déverrouiller l’iPhone. Idem après 5 tentatives qui ont échoué.

Enfin Craig Federighi a donné quelques détails sur les performances du système de reconnaissance faciale après des articles qui indiquaient que Face ID ne pouvait pas fonctionner dans certaines circonstances, par exemple si l’utilisateur porte de lunettes de soleil. "Nous avons fait des tests et ça fonctionne même avec des verres polarisants, mais aussi si l’utilisateur porte un casque ou une écharpe".

Apple reconnaît tout de même que sa technologie à des limites. "Si vous êtes un chirurgien ou quelqu'un qui porte un vêtement qui couvre votre visage, il faudra utiliser un code d'accès". Mais Craig Federighi note que "cette limitation est similaire à Touch ID, le système de déverrouillage par empreinte digitale, qui ne fonctionne pas si vous portez des gants ou si avez les doigts humides".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco