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Cyanogen, la nouvelle arme de Microsoft pour fragiliser Google

Le Cyanogen est un gaz incolore dont l'odeur est proche de celle de l'amande. C’est aussi le nom d’une startup qui devient la mouche du coche de Google.

Le Cyanogen est un gaz incolore dont l'odeur est proche de celle de l'amande. C’est aussi le nom d’une startup qui devient la mouche du coche de Google. - STEPHEN BRASHEAR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Avec son système d'exploitation basé sur Android, Cyanogen lance un sérieux défi à Google. Microsoft aurait décidé d’épauler la startup en injectant 70 millions de dollars.

Microsoft lance une grande offensive contre Google. En injectant 70 millions de dollars dans Cyanogen, un système d'exploitation (OS pour "operating system" en anglais) mobile , la firme de Redmond s’attaque à la pièce maîtresse de son concurrent : l’OS mobile Android.

Jusqu'à présent la stratégie mobile de Microsoft pouvait faire sourire ses concurrents. Surtout Google qui détient le magasin d’applications mobiles le plus achalandé du monde. Face à ces 1,3 million d’applis, le Windows Store n’en compte que 500 000.

Mais surtout, la multitude de fabricants d’appareils mobiles, notamment des Asiatiques dans l’entrée et le milieu de gamme, rend difficile la réussite d’un troisième OS mobile. Avec Windows Phone, difficile de tenir tête à ces deux poids lourds que sont Google et Apple.

Avec Cyanogen, la stratégie du géant de Redmond pourrait néanmoins devenir plus offensive. Il n’est sans doute pas question de remplacer Windows Phone, mais de fragiliser Google en renforçant le pouvoir de nuisance de Cyanogen.

Cyanogen veut "soustraire Android à Google"

En 2009, cette entreprise américaine de 80 personnes a développé un "Android like" de manière tout à fait légale puisque le code source d’Android est ouvert à tous. Résultat : l’OS a déjà séduit environ 50 millions d’utilisateurs. Avec les 70 millions de Microsoft, la PME californienne basée à Palo Alto dans la Silicon Valley pour atteindre une valorisation de 500 millions de dollars.

Comme l’indique La Tribune, elle a déjà séduit quelques investisseurs prestigieux parmi lesquels le fond Andreessen Horowitz ainsi que Tencent, le géant chinois de l’Internet. Leur but est clair : briser la domination de Google dans le mobile. D’ailleurs, l’été dernier, une rumeur courrait sur le rachat de Cyanogen par Amazon, Samsung et même Yahoo. Apparemment, Microsoft a su trouver de bons arguments.

Cette ambition n‘est ni un rêve, ni un fantasme. Elle est au contraire plus que sérieuse, mais elle n’est que la partie visible de l’iceberg. Comme le répète Kirt McMaster, l’un des dirigeants de Cyanogen, l’objectif final est de "soustraire Android à Google". Ni plus, ni moins.

Google a toujours été vigilant. Après avoir tenté un rachat pour quelques dizaines de millions d’euros en octobre, le géant de Mountain View lui mène une guerre impitoyable. Un signe montrant que le potentiel de la startup est réel. D’autant qu’elle risque de ne pas se contenter de titiller Google en lui chipant quelques parts de marché.

Ses ambitions pourraient être plus sérieuses. En septembre, Cyanogen a débauché Leigh Momii, l’une des têtes du marketing de HTC.

Pascal Samama